La Danse Corps et Graphies - La Fille Mal Gardée, [R]évolution -Troisième tableau

Acte II
Troisième tableau
Le théâtre représente l’intérieur de la ferme de la mère Simonne…

Lise ou Lison… Quelquefois mère [Simone]] à leur tour ; chorégraphe… Souvenirs "en coulisses".

De l’amère… Précaution inutile [de] l'impériale Russie

En 1800, La Fille Mal Gardée monta pour la première fois sur la scène de Moscou, emmenée par Giuseppe Solomoni, sur la partition originale de 1789.

Elle vint danser à Saint-Pétersbourg en 1818 ; Charles Didelot la présenta sous le titre La Précaution Inutile ou Lise et Colin, sur une musique de Catterino Cavos.

Jules Perrot s'accorda bientôt à ses faveurs, d'après Jean-Pierre Aumer -, et coloria l'orchestration de "touches" de Césare Pugni.

Marceline [la mère Simone]
Timofei Stukolkin, Marceline [La mère Simone] - 1894

Et c'est en l'intitulant, selon la "tradition" russe, La Précaution Inutile, que Marius Petipa et Lev Ivanov "recréèrent" La Fille née à Berlin en 1864 "de" Paul Taglioni et à la mesure de Peter Ludwig Hertel, en 1885.(1)

Virginia Zucchi dansait [en] Lise. Le rôle fut par la suite interprété par les plus grandes ballerines de l'ère impériale : Olga Preobrazhenskaya, Mathilde Kchessinskaya, Tamara Karsavina, Anna Pavlova, aussi quand, des pages musicales mêlées aux pièces de Peter Ludwig Hertel rythmèrent les pas de la production d'Alexander Gorsky à Moscou en 1903.

Lise, Colas, et Marceline [la mère Simone]
Sofia Fedorova, Lise, Mikhail Mordkin, Colas, Vladimir Riabtzev, Marceline [la mère Simone], in La Fille Mal Gardée
Chorégraphie par Alexandre Gorsky - Moscou, 191[5 ?]

La Révolution de 1917 interrompit les noces de Lise et Colin.

Lise… Zucchi

Interprète
Virginia Zucchi, créatrice du rôle de Lise dans La Précaution Inutile [de] Marius Petipa et Lev Ivanov en 1885

Le 15 décembre 1885, elle [Virginia Zucchi] dansa La Fille Mal Gardée de Dauberval/Petipa et donna au personnage de Lise une virtuosité et un caractère tels qu'on redécouvrit ce ballet.

Alfio Agostini

Lise
Virginia Zucchi, Lise in La Précaution Inutile [de] Marius Petipa et Lev Ivanov en 1885

Lise… Preobrazhenskaya

Lise
Olga Preobrazhenskaya, Lise in La Fille Mal Gardée

Lise… Kchessinskaya

Dans ses mémoires, Mathilda Kchessinskaya revient sur ses pas [de Lise]…

Les élèves classées premières pouvaient choisir leur danse. Ce fut pour ma part le Pas de Deux de La Fille Mal Gardée sur la musique de la chanson italienne "Stella confidenta" dans lequel Virginia Zucchi, avec Paul Gerdt pour partenaire, venait de remporter un succès éclatant.

Pour cette danse ravissante, expressive, pleine d’une espiègle coquetterie, je portais un costume bleu, orné de petits bouquets de muguet et j’avais pour partenaire Sergei Rachmanov qui sortait de l’école en même temps que moi.
[…]

[Elle dansa encore ce Pas de Deux le 4 février 1904, pour ses adieux à la scène…]

J’avais choisi les deux premiers actes de La Fille Mal Gardée où j’intercalais un Pas de Deux, celui même de mes débuts sur scène en 1890. Il me permet d’exécuter et de bisser trente-deux fouettés dont on avait écrit jadis que j’avais été la première, après la Legnani, à y parvenir de façon irréprochable.

Souvenirs de La Kchessinska : Prima Ballerina du Théâtre Impérial de Saint-Pétersbourg, 1960

Lise
Mathilda Kchessinskaya, Lise in La Fille Mal Gardée

Bronislava Nijinska comptait parmi les élèves de l’école qui participèrent, en 1904, à cette représentation d’adieux de La Fille Mal Gardée.

Je n’oublierai jamais cette soirée. L’ambiance était électrique, dans le théâtre et, dans les coulisses, l’émotion était forte aussi bien parmi les danseurs, les élèves que parmi les techniciens. La décision de Kchessinskaya de quitter les Théâtres Impériaux avait surpris tout le monde. Depuis 1895, elle était la vedette incontestée du Mariinsky. Kchessinskaya jouissait d’une influence et d’un pouvoir extrême du fait de ses liens avec la cour impériale et le Tzar Nicholas II.

Bronislava Nijinska : Early memoirs

Colas… Nijinsky

Vaslav Nijinsky interpréta le rôle de Colas dès sa première saison au Ballet Impérial. Il y était entré comme Coryphée en 1907. Le 16 octobre, il fut partenaire de Mathilde Kchessinskaya qui l’avait choisi en colas. Sa sœur dit ce "premier rôle".

Il était si fier de danser le rôle principal dans La Fille Mal Gardée aux côtés de la Prima Ballerina Assoluta de Mathilda Felixovna Kchessinskaya.

Bronislava Nijinska : Early memoirs

Lise… Pavlova

Lise
Anna Pavlova, Lise in La Fille Mal Gardée - 1909

Presque à la fin de la saison, vint La Fille Mal Gardée sur une musique de Hertel (pour la première fois en Angleterre). Pavlova apparut ainsi qu'une soubrette, qui, espiègle, coquette, en robe à paniers et bonnet d'été, accompagnée de Norikoff, en beau garçon paysan et de Shiriaieff en ravissante, capricieuse et vieille mère paysanne, coiffée d'une charlotte.

Je revois encore clairement la scène très belle entre Pavlova et Shiriaieff, devant la barate.

Je revois aussi l'entrée du jeune nigaud, avec son parapluie, les garçons avec leurs gerbes de blé, puis la tempête et le parapluie emporté par le vent.

D'une manière frappante, je me souviens de la scène du mime, dans la chaumière, quand Lise, seule, pense et se représente avec une jolie fantaisie, l'avenir.

Des coulisses, je la regardais souvent et me trouvais moi-même près des pleurs devant la tendre et virginale beauté de cette représentation.

Winifred Edwards (Vera Fredova)

Lise et Colin
Anna Pavlova, Lise, et Nikolaï Lega, Colin, in La Fille Mal Gardée - 1910

Lise… Karsavina

Lise
Tamara Karsavina, Lise in La Fille Mal Gardée -1915

La Fille [re]gardée par Bronislava Nijinska

Jeune élève et spectatrice, danseuse… Bronislava Nijinska "enfanta" sa Fille Mal Gardée.

La première eu lieu le 19 janvier 1940 au Center Théâtre de New-York. La critique accueillit la mise en scène de Nijinska avec enthousiasme.

La Fille Mal Gardée à beau avoir deux siècles, le public du Center Théâtre l’a trouvée toujours aussi fraiche et aussi étincelante. Cette œuvre bien-aimée a bénéficié de la part du Ballet Theatre, d’une production grandiose, et le travail de Bronislava Nijinska est un vrai bonheur.

L’action est rapide, divertissante, et l’intrigue est ponctuée de danses de groupe hautes en couleur qui, pour la plupart, n’ont rien à voir avec l’intrigue, mais sont absolument éblouissantes.

Patricia Bowman est parfaite dans la jeune fille ; elle danse avec force et brio. Shabelevsky donne son premier grand rôle de la saison en paysan amoureux. Quel plaisir de le voir danser ce personnage gauche et passionné avec tant d’habileté et de vigueur ! Le rôle de la mère, traditionnellement tenu par un homme, est l’occasion pour Edward Caton de donner libre court à son talent en composant une virago revêche et querelleuse.

Soudeikine a conçu des costumes somptueux et les danses du corps de ballet sont à la hauteur de leur brillante garde robe. La version que Nijinska donne de ce ballet constitue un modèle du divertissement tonique.

Walter Terry : The New York Herald tribune, 20 janvier 1940

Le Ballet Theatre a été bien inspiré d’inviter Bronislava Nijinska à faire revivre le vieux ballet de Dauberval, La Fille Mal Gardée, car la première, hier soir, au Center Theater fut un véritable plaisir… C’est complètement naïf, bien sûr, mais si drôle et si plein d’invention - tout en restant dans les limites que ce genre impose - que l’œuvre passe encore la rampe en 1940.

La version de Nijinska est d’une grande finesse et restitue l’esprit d’un art d’une autre époque avec les moyens d’aujourd’hui. Les danseurs collaborent à cette belle réussite… Patricia Bowman semble être faite pour incarner Lisette… Alexis Kosloff danse à la perfection Alain, chasseur de papillons stupide.

Bref, une entreprise qui a réussi à faire revivre une œuvre antique qui vaut tout les soins qu’on veut bien lui apporter…

John Martin : The New York Times, 20 janvier 1940

La Symphonie pastorale "folk" in Suffolk

Alexander Grant, premier Alain fiancé à la création de La Fille Mal Gardée d'Ashton - et qui fut chargé des répétitions à l'Opéra de Paris, pour l'entrée au répertoire du Ballet, en 2007 - esquisse une "définition" :
"Le style Ashton, c’est une extrême musicalité, un art consommé dans la manière de camper les personnages pittoresques, la clarté absolue de la narration : si la chorégraphie donne les clés des personnages, Ashton voulait que les danseurs révèlent leur propre vitalité et leur fraîcheur dans le mouvement […] Cela a l’air si facile ! Et pourtant : il faut, pour danser Ashton, cette liberté de la tête, des bras et des épaules, et ce travail de bas de jambe empruntés à Nijinska qu’Ashton admirait. Il avait dansé ses pièces à Paris lorsqu’elle chorégraphiait pour la compagnie d’Ida Rubinstein, transfuge des Ballets russes. Ashton exigeait aussi ce pas chassé de la vieille école italienne de Cecchetti : il s’exécute avec le talon et non la pointe du pied. Les danseurs aujourd’hui ont un mal fou à le faire !"

Frederick Ashton… Chorégraphe

Frederick Ashton évoque "sa" Fille Mal Gardée, la musique, les décors et costumes, les interprètes.

Des raisons pour lesquelles il choisit de rechorégraphier ce vieux ballet du répertoire, plutôt que de monter un nouveau ballet.

A l'époque, je lisais les Carnets de Dorothy Wordsworth [1771-1855, sœur du poète romantique William Wordsworth] et j'étais emporté par la nostalgie de la campagne de la fin du XVIIIème siècle et celle du début du XIXème, comparée à quoi notre campagne d’aujourd’hui paraît bruyante et sans charme. J'ai toujours eu au fond de moi un côté "cosy" qu'on retrouve dans le style de décoration que je privilégie pour mon intérieur et les objets qui m'entourent. Dans mon imagination, il existe une vie à la campagne, sur fond de printemps éternel, une pastorale [d']arbres feuillus, de soleil toujours brillant, et de bourdonnement d’abeilles : la tranquillité immobile d’un paysage de Constable de mon Suffolk bien-aimé, lumineux et paisible… Tôt ou tard, tout artiste rend hommage à la nature : ma Fille mal gardée est ma [petite] Symphonie Pastorale [à moi], car, pendant toute la période de préparation du spectacle, c’est à cette symphonie de Beethoven que je pensais constamment." Chez lui, je trouvais tous ces déferlements, ces mouvements que j’essaie de rendre dans le ballet ; les moments de sérénité et de noble simplicité m’ont également été inspirés par lui et je les ai imposés au pauvre Hérold - l’excitation d’arriver à la campagne, puis ces jours de contemplation, de méditation sans fin sur une "musique concrète" de bruits de la ferme, tout cela terminé par une tempête…

De sa rencontre avec la "Déesse de la Sagesse", Tamara Karsavina, qui lui expliqua, avec une passion et un enthousiasme communicatifs, la signification historique du ballet.

"Tout le ballet se doit de charmer par son innocence et aucune autre atmosphère ne doit le contaminer", affirme-t-elle.

[…]

Cela a été une grande chance d'apprendre de ce puits de science, d'intelligence et de charme, de ce lien avec les grandes heures du Théâtre Mariinsky. Peut-être me suis-je éloigné de son idée du ballet - elle est Russe, je suis un Anglais né au Pérou -, mais l'esprit doit en être identique. Pour que le ballet soit réussi, il doit contenir la même vérité.

Des décors créés par Osbert Lancaster.

Il a apporté une vision neuve et charmante à la conception d'ensemble, les costumes ont beaucoup de caractère et les décors, gais et ravissants, impriment une atmosphère française authentique.

Des interprètes.

Ma distribution est idéale. Tous sont vrais, tous deviennent réels sous nos yeux.

De Dauberval lui-même

L'œuvre révèle un sens du théâtre particulièrement aigu au travers de l'arrangement habile de situations effectives et de tableaux charmants. L'intérêt est soutenu jusqu'à la fin: au tout dernier moment, j'ai ajouté, avec la réapparition d'Alain, le coup final.

Du ballet renouvelé.

J'ai voulu réexploiter le comique au travers de mes personnages, conférer au ballet une gaieté franche et ouverte combinée avec un lyrisme naturel ["effortless"], et développer le thème des rubans en en faisant un leitmotiv, tout comme des thèmes sont développés dans une symphonie.

Frederick Ashton : "My Conception of La Fille Mal Gardée" in Ivor Guest, La Fille mal gardée, The Dancing Times Limited, 1960
- Traduit de l'anglais par mes soins

Lise par Nadia Nerina

Lise et Colas
Nadia Nerina, Lise, et David Blair, Colas, in La Fille Mal Gardée
Chorégraphie par Frederick Ashton - Londres, 1960
(Photographie : John McKran, © The Royal Ballet)

Nadia Nerina fut la première Lise de Frederick Ashton.
De sa "rencontre" avec Lise, comment elle l'aborda ; comment elle conçu le personnage.

La Fille Mal Gardée est pour moi un commencement, comme une porte qui s'ouvre sur un nouvel univers artistique, de plus grande envergure.

[…]

Jusqu'en 1960, date de la création du rôle de Lise dans La Fille Mal Gardée, je n'avais pas créé de nouveaux rôles [à quelques exceptions près]. Jusque-là, je m'étais plongée dans les joies et les souffrances de l'interprétation des rôles classiques. J'avais trouvé là tout ce dont j'avais besoin. Il y a des gens qui considèrent ce répertoire comme "vieux-jeu", mais pour moi, c'est faux, tant que le cadre, l'histoire et les émotions sont vrais et réels. Ce répertoire classique devient en effet quelque chose de perdu, si on le considère comme un ensemble d'exercices de virtuosité, alors que l'approfondissement de chaque personnage pose de vrais problèmes. Jusqu'en 1958, je me préoccupais surtout de développer ma technique. Je crois profondément qu'avant de s'acquitter vraiment complètement d'un rôle, c'est-à-dire, avant de jouir de cette merveilleuse liberté que l'on éprouve à incarner un personnage, il est nécessaire d'avoir triomphé et si possible d'avoir maîtrisé tous les problèmes techniques afférents à un rôle. En 1952, j'ai dansé mon premier Lac des Cygnes, en Afrique du Sud…, en 1955, Giselle…, également en Afrique du Sud.

[…] Mais ce n'est qu'en 1958, durant les répétitions du film de Giselle avec Fadeechev, monté pour la télévision par Margaret Dale, que j'ai pris vraiment conscience de la maîtrise technique que j'avais fini par acquérir, et cette prise de conscience m'a donné la confiance et la liberté d'expression que je souhaitais obtenir depuis longtemps et pour lesquelles j'avais travaillé.

[…]

A présent, j'avais le temps et de ressentir, et de réfléchir et d'exécuter le mouvement, je ne me contentais plus d'écouter la musique, mais celle-ci m'enveloppait. J'étais la musique. Et à la fin des représentations, j'étais apaisée et heureuse.

Je n'ai pas lu le synopsis de La Fille Mal Gardée, c'est Ashton qui m'a raconté l'histoire, avec simplicité et vivacité. Au fond, Lise est une paysanne d'une période bien définie, et à partir du moment où j'en ai entendu la musique, Lise s'est révélée à moi. Swanilda, un autre personnage de paysanne, est effrontée, sophistiquée, extravertie, vive; Giselle est, quant à elle, une paysanne dotée d'une belle âme, elle manque d'assurance, elle est timide et superstitieuse. Mais Lise est complètement différente. En dépit de son extrême jeunesse, elle est déjà pleinement consciente de sa destinée d'épouse et de mère. Elle est chaleureuse, pleine de vie, généreuse, très humaine, mais par-dessus tout, c'est une jeune fille qui tombe amoureuse pour la première fois. Rien ne compte plus pour elle que Colas. Ce qu'elle incarne, c'est un amour juvénile et romantique, qui s'épanouit avec toute la fraîcheur du Printemps.

De Frederick Ashton

Il n'essaye jamais d'imposer sa volonté au risque de contrarier les tempéraments artistiques, au contraire, en raison de la merveilleuse alchimie que forment ses talents conjugués, les artistes grandissent et créent à leur manière ce qu'il a lui-même en tête.

De David Blair, son partenaire, "son" Colas.

Quels que soient les rôles, c'est une harmonie parfaite qui règne entre nous.

Des rôles.

Chaque personnage du ballet a le droit d'exister et le personnage existe grâce à l'intelligence et aux émotions du danseur. J'aime tous les personnages que j'incarne, Lise autant que les autres. Ces personnages sont vivants pour moi et c'est une grande joie en même temps qu'un privilège d'avoir à les incarner.

Nadia Nerina : "The Role of Lise" in Ivor Guest, La Fille Mal Gardée, The Dancing Times Limited, 1960
- Traduit de l'anglais par mes soins

1. Serguei Vikharev, bien connu pour ses reconstructions de ballets grandioses, a remonter La Fille Mal Gardée [de] Marius Petipa et Lev Ivanov, et sur la musique de Peter Ludwig Hertel. Dans des décors inspirés de la peinture de Van Gogh, la Première fut dansée le 15 mai 2015, à l'Opéra d'Ekaterinbourg.

Affiche

Aurélie Dauvin © Corps et Graphies

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