La Danse Corps et Graphies - Rencontre avec Evgénia Obraztsova

Invitée sur les scènes internationales, pour le plus grand plaisir des ballettomanes du monde entier, Evgénia Obraztsova a déjà travaillé, malgré son jeune âge, avec nombre des plus influents chorégraphes d'aujourd'hui et notamment Pierre Lacotte.

A l'occasion d'un partenariat avec Mathieu Ganio dans Giselle pour un gala donné le 1er octobre et de la mise en ligne de son tout nouveau site, elle a accepté une "rencontre" informelle , par e-mails interposés.

Photographie de mode
Evgenia Obraztsova pose pour quelque cliché de mode…

Aurélie Dauvin : Vous appartenez à une famille de danseurs. Quel rôle votre entourage a-t-il joué dans la naissance de votre vocation ?

Evgénia Obraztsova : Bien sûr mes parents m’ont incitée à suivre leurs pas. Ils m’ont conseillé de rentrer à l’académie de danse russe. Je souhaitais depuis mon enfance monter sur scène, mais j’étais incapable de savoir comment : en dansant ou en chantant.

A. D. : Vous souvenez-vous de vos années d'apprentissage à l'Ecole Vaganova ? Quels moments vous ont-ils marqués ?

E. O. : J’ai beaucoup de souvenirs de cette période. 8 ans, vous imaginez ! Mais au début… je n’ai pas fais beaucoup d’efforts et, lors du premier examen, j’ai reçu des appréciations médiocres. Mon père m’a proposé de quitter l’académie. Du coup j’ai commencé à travailler très dur pour convaincre mes parents que je pouvais être la meilleure élève de ma classe. A l’examen suivant, j’ai reçu d'excellentes appréciations.

gala en rose
Evgénia Obraztsova lors d'un gala…

A. D. : Votre progrès dans la compagnie du théâtre Mariinsky est impressionnant… Vous souvenez-vous de ce jour où vous appreniez que vous étiez promue coryphée ?

E. O. : Ce n’est pas une pratique habituelle au Mariinsky ni au Grand Opéra. Je l’ai appris dans un programme de théâtre en tournée. J’étais ravie.

A. D. : Vous êtes la plus jeune héroïne éponyme de Roméo et Juliette de l'histoire de la danse. Que signifie ce ballet pour vous ?

E. O. : C’est mon rôle préféré, mon premier rôle à 18 ans ! Ce ballet sera toujours passionnant pour moi et mon héroïne changera avec moi au cours de ma carrière.

A. D. : Vous participez à de nombreuses "recréations" de ballets "oubliés". Que pensez-vous de ces "retours" au répertoire ?

E. O. : J’aime les anciens ballets. A mon avis, toutes ces pièces historiques devraient être au répertoire des théâtres. La beauté et l’amour avec lesquels ont été créés ces ballets ne peuvent pas ne pas toucher les spectateurs d’aujourd’hui.

A. D. : La mémoire académique dans les ballets qui renaissent du répertoire côtoie l'évolution du ballet : appréciez-vous les créations nouvelles ? Pourriez-vous évoquer un rôle contemporain qui vous a marqué ?

E. O. : Oui, je suis très intéressée par la maîtrise d'une chorégraphie moderne. Mais le choix d'un travail avec un chorégraphe est une chose très importante. Mon dernier travail était avec Jiri Kylian pour le ballet Petite mort. Ce ballet a 20 ans et on ne peut pas le qualifier de nouveau. Mais je le considère comme un classique de la danse moderne. Par ailleurs, j'espère beaucoup une chorégraphie de Yura Smekalov…

A. D. : Qui sont vos modèles ?

E. O. : Aurélie Dupont.

Arabesque en blanc
Evgenia Obraztsova dans l'esquisse d'une arabesque devant l'Opéra Garnier…

A. D. : Avez vous un rôle préféré et pourquoi ?

E. O. : Chaque rôle est mon préféré ! Si je devais choisir Cendrillon de Ratmansky parce que je l’ai préparé de façon très théâtrale.

A. D. : Vous avez travaillé avec Pierre Lacotte pour Ondine en 2007, puis l'été dernier pour la création des Trois mousquetaires, dans un rôle initialement créé pour Isabelle Ciaravola. Quels ont été vos relations avec ce chorégraphe ?

E. O. : J’adore Lacotte. C’était une grande joie pour une si jeune danseuse comme moi d'être invitée pour Ondine. Pour Les Trois Mousquetaires, je tiens le rôle de Constance. C’est un plaisir de travailler avec lui. C’est un chorégraphe surprenant. La complexité, la virtuosité, la musicalité absolue de ses ballets laissent sans voix.

En compagnie des Etoiles de l'Opéra National de Paris
Evgenia Obraztsova, Mathias Heimann et Mathieu Ganio - instant d'amitié…

A. D. : Vous êtes depuis longtemps invitée sur de nombreuses scènes et dansez avec différents partenaires… Comment parvenez-vous à établir le lien nécessaire à l'entente sur scène ?

E. O. : J’essaie de trouver des moyens pour travailler le plus vite possible avec mes partenaires. J’apprends à les connaître. Si nous avons peu de temps pour prendre des habitudes l'un et l'autre, j’essaie au maximum de m’habituer à son style, ses mouvements, de comprendre sa façon de danser. Cela aide beaucoup. C’est très important d’écouter un partenaire, en répétition et sur scène. Ecouter et comprendre ce qu’il exprime. Il faut éviter de répondre sans écouter la fin.

giselle acte II
Evgenia Obraztsova dans l'acte II de Giselle avec Mathieu Ganio le 1er octobre 2010

A. D. : Vous danserez très prochainement Giselle avec Mathieu Ganio. Aviez-vous déjà dansé avec lui ? Appréciez-vous le partenariat ?

E. O. : Oui nous avons dansé au Gala des étoiles ensemble. C’est un partenaire sensible et attentionné. Il a beaucoup de qualités. Cela va être un duo intéressant dans Giselle. Je rêve de danser avec lui dans Roméo et Juliette et dans Manon.

giselle acte II
Evgenia Obraztsova dans l'acte II de Giselle avec Mathieu Ganio le 1er octobre 2010

A. D. : Quels rôles, quels partenaires, quels chorégraphes aimeriez-vous à présent rencontrer ?

E. O. : Danser dans les ballets de Mac Millan et de Roland Petit. J’aimerais danser avec des artistes du grand opéra et du Royal Ballet.

A. D. : Vous étiez Natacha dans le film Les poupées Russes. Quels souvenirs gardez-vous du tournage ? La caméra fut-elle une contrainte ? Que vous a apporté cette expérience au cinéma ?

E. O. : Participer à un film a été pour moi une expérience fascinante. C’était comme un jeu. Mais l’expérience vient après. Je me suis sentie à l’aise avec la caméra après de nombreuses prises, vers la fin du film seulement.

A. D. : En quoi le tournage, quelques années après, du film documentaire Ballerina, de Bertrand Normand fut-il différent ?

E. O. : Ballerina était un documentaire, où on ne me demandait pas de jouer devant la caméra. Le producteur m’a demandé de rester moi même. Je n’avais pas la sensation d’être une actrice qui devait suivre des instructions. Je travaillais sans tenir compte de la caméra qui me filmait.

A. D. : Avez-vous un lieu de prédilection pour danser ?

E. O. : Le Royal ballet, Covent Garden, mais en premier lieu le Mariinsky ! Et un nouveau premier pour moi : le théâtre Stanislavski de Moscou.

Merci beaucoup à Evgénia Obraztsova pour sa simplicité, sa grande sympathie ; pour ses réponses sincères et les photographies qu'elle a bien voulu nous confier.

Nous vous invitons à visiter le site de la danseuse…
http://www.evgeniaobraztsova.com/

© photographique : SVETLANA POSTOENKO ; MAYA FARAFONOVA ; NATASHA RAZINA ; Evgénia BOLSHAKOVA ; RGDS.

Aurélie Dauvin © Corps et Graphies

La présentation et le contenu de ce site sont protégés par les lois en vigueur sur la propriétæ intellectuelle. Toute exploitation, même partielle, sous quelque forme que ce soit (écrite, imprimée ou électronique), est rigoureusement interdite sans l'autorisation expresse préalable des auteurs. Tout contrevenant s'expose à des poursuites et aux sanctions applicables conformément à la loi FranÇaise rægissant les droits d'auteur et aux lois du Copyright International.

Retourner en haut de la page Page modifiée le 20/10/2013.