La Danse Corps et Graphies - La Pavlova grâce et gourmandise Page-1


Piotr Ilitch Tchaïkovski : La belle au bois dormant, "La Fée Candide" ; Boris Asafyev : Le papillon ; Camille Saint-Saëns : Le carnaval des animaux, "Le cygne"

Alors que se multiplient les manifestations diverses autour du centenaire des Ballets Russes, voici un hommage original à celle qui fut, deux saisons durant, l'une de ses plus grandes figures, Anna Pavlova. La Prima Ballerina devint légende et sa mémoire est ravivée au-delà de l'art : de son histoire naquit en effet une anecdote gourmande de la danse…

La grâce d'un cygne

Ce ne sont ni ses qualités techniques, ni ses idées en rien novatrices qui contribuèrent à faire d'Anna Pavlova la figure légendaire de la danse qu'elle est pourtant devenue, mais une présence, une grâce indéniables…
Valerian Svetlov, l'un de ses biographes, présente "Une danseuse fine, svelte et souple comme un roseau, avec un visage candide de petite espagnole, aérienne et éphémère, elle était gracieuse et fragile comme une porcelaine de Sèvres. Mais, par moments, elle prenait des pauses toutes classiques : vêtue d'un péplum, elle évoquait à s'y méprendre quelque jolie figurines de Tanagra".

Un Conte De Fées

Anna Matveïevna Pavlovna, soit Anna Pavlova est née, deux mois avant terme, dans une famille modeste, le 12 février 1881, à Ligovo, près de Saint-Pétersbourg. Sa mère, Lioubov Feodorovna, était blanchisseuse, mais l’identité de son père est controversée. D’après la danseuse, il partit quand elle avait deux ans, mais selon le journal La Gazette de Saint-Pétersbourg, elle était la fille illégitime d’un homme d'affaire juif, Lazar Poliakoff, et le second mari de sa mère, Matvey Pavlov , l'adopta lorsqu’elle avait trois ans et lui donna son nom…
La petite fille découvre la danse et sa vocation lorsqu'elle assiste à une représentation de La Belle Au Bois Dormant en 1889. Ce spectacle, cadeau de Noël, fut le présent d'une vie.
Sa mère, la voyant fascinée, lui aurait demandé après un passage du corps de ballet si elle aimerait danser avec eux. Elle aurait répondu : " "Moi je serai la princesse Aurore…"
Quelle ambition pour cette enfant fragile, élevée dans un milieu fort humble…Pourtant, son rêve se réalisa, même si le chemin fut difficile. A tout juste huit ans, elle tente d’entrer à l'Ecole Impériale de Danse de Saint-Pétersbourg, mais est refusée à cause de sa constitution fragile et de son trop jeune âge. Deux ans plus tard, en 1891, elle est admise… C'est sa passion et son élégance naturelle qu'ont retenus le jury, car son corps chétif, ses trop longues jambes, son mauvais en-dehors, ses pieds trop cambrés et ses chevilles délicates, ne la destine pas,, semble-t-il, à une carrière prometteuse.
Elle fait bientôt sa première apparition sur scène, en avril 1891, dans Un Conte De Fées, ballet que Marius Petipa règle pour les élèves de l’Ecole Impériale.

Spectacle de l'école de danse
Les élèves de l'ecole Impériale de Danse de Saint-Pétersbourg dans Un Conte De Fées

Larmes et sueur, les années d’apprentissage sont difficiles pour l'enfant aux grands yeux et aux longs cheveux noirs, dont la silhouette ne correspond pas à celle des danseuses bien en chair de sa génération : elle est victime des moqueries des autres élèves, qui la surnomment "la petite sauvage" ou encore "le balai"… Cela ne suffit pas à la décourager…
"Personne n'arrive grâce à son talent seul,dira-t-elle plus tard, Dieu donne le talent, le travail le transforme en génie"… Ainsi, le vilain petit canard deviendra cygne…
Son travail appliqué avec ses professeurs, Pavel Gerdt, Nikolaï Legat, Christian Johansson lui ouvre, en 1898, les portes de la classe de perfectionnement que dirige l’ancienne Etoile du Mariinsky Ekaterina Vazem. Cette année là, elle participe déjà à quelques spectacles parmi la compagnie. Elle est suivie de très près par Enrico Cecchetti qui continuera à la faire travailler toute sa carrière durant.
Elle obtient son diplôme, devant un jury impressionné par ses qualités expressives et entre dans la compagnie du théâtre Mariinsky en 1899. Elle ne passera pas par le corps de ballet, mais est exceptionnellement nommée coryphée, ce qui lui offre immédiatement de petits rôles de soliste…
Comment s'imposer pourtant dans une troupe où évoluent des ballerines virtuoses, telles que Pierina Legnani, Matilda Kchessinskaïa ou Olga Preobrajenska ?
La nouvelle recrue essaie désespérément d'exécuter des difficultés techniques dont Pierina Legnani est maîtresse. Lorsqu'une fois, durant la classe, elle tenta les fameux fouettés de la technicienne, son professeur, Pavel Gerdt, se mit en colère : "Je ne peux supporter ce que je vois ; la pression que de tels pas infligent à ta délicate musculature et à la forte arche de ton pied… Je te supplie de ne jamais essayer à nouveau d'imiter ceux qui sont physiquement plus fort que toi ! Tu dois comprendre que ta délicatesse et ta fragilité sont tes plus grands atouts. Tu devrais toujours danser les rôles qui font ressortir tes rares qualités plutôt que d'essayer d'impressionner la critique par de simples acrobaties." L'élève suivit heureusement ce conseil…
Bientôt, elle attire l’attention des critiques, notamment Nikolaï Bezobrazov qui relève son «ballon naturel, ses longues arabesques et sa féminité». Le public est plus réservé devant cette danseuse qui évolue avec les genoux pliés, montre de médiocres ports de bras, exécute des pirouettes sans virtuosité.
En 1901, lorsqu'elle doit remplacer Matilda Kchessinskaïa, alors enceinte, celle-ci lui enseigne le rôle de Nikiya dans La Bayadère. Ses jambes fluettes auraient pu être source d'échec dans un rôle si technique…Au contraire, la jeune danseuse délicate, fine, incarne à merveille le personnage, et triomphe !

La Bayadère
Anna Pavlova dans l'Acte Des Ombres de La Bayadère en 1902

Son enthousiasme l'entraîne parfois dans de fâcheuses situations: lors d'une représentation de La Fille Du Pharaon, un double piqué énergique lui fait perdre l'équilibre et elle tombe dans la fosse d'orchestre…
Ses chevilles fragiles lui créent aussi quelques problèmes : alors qu'elle dansait le rôle de la Fée Candide dans La Belle Au Bois Dormant de Marius Petipa, la ballerine fut amenée à réviser les petits sauts en pointes de la fée, à la grande surprise du maître.
Le chorégraphe en fait pourtant une de ses interprètes favorites. Dans le Grand Pas de Paquita, créé pour que chaque Prima Ballerina brille dans un solo lors du jubilé de la Grande Catherine II de Russie en 1896, il ajoute pour elle une nouvelle variation sur un extrait de La Sylphide.
Malgré son manque de technique, elle interprète souvent les rôles principaux dans les ballets de Marius Petipa et évolue rapidement. En 1902, elle est seconde soliste, puis soliste en 1905. Un an plus tard, elle devient Prima Ballerina dans une nouvelle version de Giselle réglée pour elle par le maître, complétée d'une variation sur une musique d'Alexandre Glazounov notamment, et qui est encore dansée au Mariinsky.
Elle crée aussi nombre de ballets de Mikhail Fokine, tels que La Tapisserie Enchantée, un tableau qui s'inscrira dans Le Pavillon D'Armide, en 1907, Chopiniana, intitulé ensuite Les Sylphides, en 1908…

Chopiniana
Anna Pavlova dans son costume pour Chopiniana en 1908 (photographie : Bransburg)

A une époque où les multiples tours fouettés et autres prouesses étaient à la mode, Anna Pavlova ressuscita les qualités aériennes des danseuses romantiques. Son lyrisme et son charisme exceptionnels séduisirent immédiatement le public et ses légions de fans: les Pavlovatzi, parmi lesquels un certain Victor Dandré, membre du conseil municipal de Saint-Pétersbourg, qui suit sa carrière avec un grand intérêt…

La Fille Du Pharaon
Anna Pavlova dans le rôle d'Aspicia dans La Fille Du Pharaon en 1910

La Fille Mal Gardée
Anna Pavlova dans le rôle de Lise dans La Fille Mal Gardée en 1912

L'Oiseau De feu

Dès 1907, Anna Pavlova participe, avec quelques danseurs du théâtre Mariinsky, Adolph Bolm, Lyubov Egorova et Nikolaï Legat, à une première tournée qui l'emmène à Stockholm, Copenhague et Riga. En 1908 elle quitte à nouveau Moscou pour se produire à Prague, Leipzig et Vienne. Sa carrière rimera désormais avec voyages…
En 1909, elle rejoint la nouvelle troupe de Sergueï Diaghilev, où elle partage notamment le succès d'Adolph Bolm, Tamara Karsavina, Ida Rubinstein, Alexandre Volinine, et Vaslav Nijinski, figure masculine de la troupe. Elle apparaît avec lui dans Le Pavillon D’Armide ou Les Sylphides. Son image a d'ailleurs été affichée sur les colonnes Morris de Paris, pour promouvoir ce ballet…

Le Pavillon d'Armide
Anna Pavlova et Vaslav Nijinski dans Le Pavillon D’Armide en 1909

Les Sylphides
Anna Pavlova et Vaslav Nijinski dans Les Sylphides en 1909

Néanmoins, elle ne prend pas vraiment part au mouvement novateur que représentent Les Ballets Russes. En effet, bien des points l'opposaient à Sergueï Diaghilev : … d'une part, il s'adressait à l'intelligentzia de Paris, de Londres, de Monte-Carlo, tandis qu'elle se donnait pour mission de porter l'art de la danse autour du monde ; d'autre part, elle fut toujours indifférente, sinon hostile, aux tendances modernes qu'il encourageait. Admirant pourtant le génie de Pablo Picasso et Mikhail Fokine, Anna Pavlova demeure avant tout une danseuse au style très académique, qui n'affectionne que les musiques dansantes de Cesare Pugni, Ludwig Minkus, Frédéric Chopin ou Piotr Ilitch Tchaïkovski.
Maria Gorchkova, danseuse du corps de ballet en 1910, se souvient d'elle : "une jeune fille très maigre, d'une taille au dessus de la moyenne. Un sourire charmant, des yeux beaux, un peu tristes…elle avait la jambe longue, effilée, extrêmement belle, et le cou de pied extraordinairement cambré. Toute sa personnalité était gracieuse, frêle, éthérée, comme si elle aspirait à se détacher de la terre"
En 1911, elle refuse de danser L'Oiseau De Feu. Elle n'apprécie pas la musique d'avant garde d'Igor Stravinsky, et c'est Tamara Karsavina qui la remplace… L'une des plus charismatiques représentantes des Ballets Russes s'affranchit dès lors de la troupe et crée sa propre compagnie, afin d'assouvir son besoin d'indépendance artistique, de liberté… Pour se soustraire à l'autorité du directeur des Ballets Russes, l'oiseau fragile se fait de feu…

Le Papillon

En 1910 Anna Pavlova se rend pour la première fois aux Etats-Unis… Elle découvre également Londres… Elle y achète une maison où la rejoint son fidèle admirateur et amant, Victor Dandré, qui fuit son pays où il est poursuivi pour une affaire de fraude et devient son manager et l'époux dont elle n'a jamais voulu prendre le nom…
A l'aube de la première guerre mondiale, en 1913, la danseuse quitte le Mariinsky et la Russie, après une dernière apparition sur la scène de Moscou dans La Bayadère
Le conflit, puis la Révolution Russe et ses tournées l'éloignent inévitablement de sa patrie.
Désormais, son port d'attache sera londonien, dans le quartier de Hampstead : Elle viendra se reposer entre ses tournées dans la maison ou elle se sent si bien, "Ivy House", Elle profitera de son immense jardin où un étang accueille ses chers cygnes.

Avec un cygne
Anna Pavlova savait apprivoiser les cygnes…

Avec un cygne
Anna Pavlova en compagnie de Jack, l'un de ses cygnes (Photographie : Lafayette, London)

La troupe d'Anna Pavlova était initialement formée de danseurs et danseuses russes et polonais. Peu à peu, de jeunes talents anglais la rejoignent… A l'ardeur et à la passion slave se mêlent la rigueur britannique. Les tournées se succèdent alors : en 1913 Anna Pavlova retrouve l'Allemagne qui l'avait accueillie en 1908, mais cette fois avec sa propre troupe… ; en 1914, la compagnie parcourt les Etats-Unis et le Canada ; en 1915, elle danse au Boston Opera House et à New York durant six mois. En 1916 Anna Pavlova apparaît dans le film La Muette de Portici at Hollywood. Elle reprend ses tournées en 1917 à Cuba puis au Mexique en 1918… Lors d'un passage à Paris, en 1920, elle fonde un orphelinat pour les enfants Russes réfugiés…

Danse Russe
Anna Pavlova et Harcourt Algeranoff dans la Danse Russe (extraite du Lac Des Cygnes) en 1920

La compagnie parcourt sans relâche le monde et notamment le continent américain jusqu'en 1925.

Programme
Le programme d'une représentation de la compagnie d'Anna Pavlova à New-York en 1923 (Collection privée)

Programme
Quelques images illustrant le programme d'une représentation de la compagnie d'Anna Pavlova à New-York en 1923 (collection privée)

Elle se rend également en Asie du Sud-est, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande et Australie en 1925-1926 ; revient en Europe, en Angleterre, en Italie et en Allemagne, en 1927 ; visite l'Egypte et les Indes en 1928-1929.
Anna Pavlova porte le ballet jusque dans les endroits les plus reculés et sur les scènes les plus improbables… C'est lors de l'une de ses représentations à Lima, au Pérou, que Frederick Ashton, encore enfant, décida subjugué qu'il deviendrait danseur…
Le programme d'une soirée se compose généralement de trois parties, d'environ 50 minutes. Les deux premières sont consacrées à des ballets en un acte, tirés du répertoire. Ce sont essentiellement des versions abrégées de pièces de Jean Coralli, Jules Perrot, Marius Petipa ou Mikhail Fokine, dans lesquels la Prima Ballerina brille au milieu de sa troupe…

Fairy doll
Anna Pavlova et sa compagnie "dans The Fairy Doll" en 1926 (photographie : Enid Dickson)

Giselle
Anna Pavlova dans l'acte I de Giselle en 1925

La Prima Ballerina danse en duo, avec des partenaires choisis, tels que Mikhail Mordkin, Lavrenty Novikov, Alexander Volinine et Piotr Vladimiroff.

Invitation à La Danse
Anna Pavlova et Piotr Vladimiroff dans l'Invitation à La Danse en 1929 (photographie : Luke Monte)

La troisième partie laisse place à l'"Etoile" dans de brèves danses narrant des histoires insignifiantes ou évoquant des thèmes variés.
La plupart de ces pièces ont été chorégraphiées spécialement pour elle par Ivan Clustine, et n'ont jamais été dansées que par elle-même…
Sur la douce valse, "Décembre", extraite de la suite des Saisons, composée par Piotr Ilitch Tchaïkovski, la danseuse joue d'une jeune fille coquette, lors de la fête de Noël.

Noël
Anna Pavlova dans Noël en 1927

Elle représente la légèreté des insectes dans de nombreux solos, Ainsi Le Papillon ou La Libellule. L'idée de cette dernière chorégraphie lui vint lorsqu'un jour, en Angleterre, un ami attrapa une libellule et lui arracha les ailes… Sur une valse composée par Fritz Chrysler, la danse exprime l'ironie dans l'apparence de la créature, à la fois si forte dans sa liberté de voler et si fragile

La Libellule
Anna Pavlova dans La Libellule en 1927

La "Mélodie", extraite de la suite Souvenir d'un lieu cher, de Piotr Ilitch Tchaïkovski l'accompagne dans Le Coquelicot Californien, où elle suggère le mouvement des pétales de la fleur au lever, puis au coucher du soleil…

Le Coquelicot Californien
Anna Pavlova dans Le Coquelicot Californien en 1928

La soirée se termine par un divertissement ou "grand pas", tiré du répertoire qui réunit toute la compagnie.
Pendant la saison d'hiver de 1931, à l'aube d'une nouvelle tournée aux Pays-Bas, La danseuse prend froid dans un train et contracte une pleurésie qui l'oblige à choisir entre mettre un terme à sa carrière ou mourir… mais elle ne peut se résoudre à ne plus danser. Elle meurt le 23 janvier, à l'hôtel des Indes, à La Haye…
Durant son agonie, elle aurait demandé qu'on lui prépare son costume de cygne et qu'on joue la dernière mesure tout doucement…

Costume du cygne
Le Costume du Cygne, créé d'après un dessin de Léon Bakst

Et le soir de sa disparition, la musique de La Mort Du Cygne fut jouée alors qu'un projecteur seul fixait son souvenir sur la scène vide…
Ce jour là, l'un de ses cygnes mourut lui aussi, alors que son compagnon s'envola du parc de sa chère maison pour ne plus jamais y revenir…
La dépouille de la danseuse fut ramenée à Londres… Une fois terminées les liturgies de l'Eglise Orthodoxe, Alexander Volinine demanda à son fidèle ami, Piotr Vladimiroff de porter avec lui le cercueil : "nous allons danser un dernier pas de trois avec notre pauvre chère Anna Pavlovna"… "Et c'est moi qui vous dirigerai", enchaîna le maître Ivan Clustine. Les trois grands artistes prirent le chemin du columbarium, où la Prima Ballerina fut incinérée

La mort du cygne

Parmi les ensembles, les pas de deux, les variations brèves, sans difficultés techniques réelles, où elle brille par l'interprétation, la grâce, la poésie du mouvement, figure à l'affiche de chaque gala de la compagnie d'Anna Pavlova, l'inoubliable solo de La Mort Du Cygne
A sa demande, Mikhail Fokine le créa pour elle sur un extrait du Carnaval Des Animaux de Camille Saint-Saëns.
Tout commença lors d'une répétition de l'année 1905. Le maître fut inspiré par la visite que lui avait rendue Isadora Duncan, dont la ballerine admirait la musicalité des danses, quelques mois auparavant.
Le chorégraphe et la danseuse se comprennent. Il explicite sa représentation du cygne. Confiante dans leurs rapports intuitifs elle risque une série de mouvement de sa propre inspiration et propose de modifier les bras indiqués. Mikhail Fokine impose une longue succession de pas de bourrée pour simuler le glissement de l'oiseau… Les bras doivent alors exprimer l'incapacité du cygne à se soustraire à la surface du lac.
Pièce chorégraphique sur un argument simple, La Mort Du Cygne évoque les derniers moments d'un cygne. Elle semble une improvisation de l'agonie gracieuse… Le rythme irrégulier du piétinement des pointes est soumis à l'inquiétude de l'animal ; le mouvement ondulatoire des bras se raidit parfois, comme soumis au réflex de défense de l'oiseau… Le buste ploie sur le modèle des coude arrondis ou du poignet délicatement brisé.

La Mort Du Cygne
Anna Pavlova dans La Mort Du Cygne

Une Chorégraphie sans virtuosité, sur une musique qui n'a pas été écrite pour le ballet : La Mort Du Cygne , par la ligne d'Anna Pavlova, plus expressive que décorative devient symbolique : saturée d'émotion, elle traduit l'imperceptible, l'angoisse de la mort. Toute audace est alors permise et les pas sont, à plusieurs reprises, exécutés dos au public…

La Mort Du Cygne
Anna Pavlova de dos dans La Mort Du Cygne

La ballerine explore son sens purement organique du rythme, se détachant de l'orchestre pour ne le retrouver qu'au dernier accord quand Le tragique l'emporte. Lorsque la mort libère les muscles de leur tension, Anna Pavlova chute sans lourdeur, dépendante d'un corps qui s'abandonne différemment à chaque représentation, le plus souvent dans une posture assise avec une jambe étendue et le haut du corps audessus.

La Mort Du Cygne
Anna Pavlova sur les dernières notes de La Mort Du Cygne

Aurélie Dauvin © Corps et Graphies

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