La Danse Corps et Graphies - Dans le sillage du Corsaire russe... - de Marius Petipa à Rudolf Noureev - Acte III

"Le ciel pour horizon." [ou] Pas de Deux du Corsaire

L' un des passages les plus célèbres du Corsaire dansé aujourd’hui est le Pas de Deux, pièce "précieuse" du "trésor" de l’immense navire présenté également en gala ; rappel[s] d'un esclave affranchi...

"Pas d'action"...

p>L’histoire [de La Danse] se souvient d’un Pas de Deux brillant, dansé dans l’une des productions du Corsaire du Ballet Impérial - en 1887 - : Marius Petipa l’avait chorégraphié pour Enrico Cecchetti, Conrad, et Emma Bessone, Médora, sur une composition de Riccardo Drigo, mais ce "Duo" avait bientôt "sombré"…

En 1915, Samuel Andrianov - Maître du jeune George Balanchine -, aborde en scène en Conrad dans sa propre production du Corsaire ; Tamara Karsavina en Médora.
On n'y dansa pas le Pas des Eventails, mais un Pas d'Action, un Pas de Trois, : Mikhaïl Oboukhov y était un second cavalier pour Médora…
La "source" du brillant Pas de Deux du Corsaire a jailli, nouvelle :Marius Petipa avait révisé le Pas des Eventails au fil de ses diverses reprises, il avait toujours conservé sa forme de variations pour Médora entourée de quelques femmes esclaves.

Après la retraite de Marius Petipa, en 1904, les ajouts sont plus encore courants dans les ballets remontés : danseurs et chorégraphes créent, [en] porté[e]s par[t] quelque air, des Pas qui agrémentent l’argument…
- C’est là une tradition en sorte prolongée et que "respecta" Le Corsaire dans le Pas d’Esclave ; une coutume qui "modèle" le "costume" de quelque Variation [de Médora]
Ainsi, aucune des pages du Pas de Deux du Corsaire ne provient de la partition originale ; la musique est celle de Riccardo Drigo et du compositeur russe, le baron Boris Fitinhoff-Schell :
- L’Adagio est une orchestration d’un Nocturne pour piano composé par Riccardo Drigo, Rêve de Printemps - dont il n’aurait jamais approuvé quelle soit chorégraphiée - ;
- La variation masculine est une variation ajoutée au ballet Trilbi - créé en 1870 -, composée par Riccardo Drigo pour la reprise de 1886 ;
- La variation féminine est une variation sur un rythme de polka que signa Boris Fitinhoff-Schell, dansée dans le ballet Cendrillon - par Lev Ivanov et Enrico Cecchetti - en 1893.
- La Coda est une composition de Riccardo Drigo pour la reprise en 1895 du ballet Pygmalion ou La Statue de Chypre, créé par Marius Petipa en 1883.

En 1931, Agrippina Vaganova transforma le Pas [de Trois] d’Action de Samuel Andrianov en un Pas de Deux - à la manière classique -, pour la prestation de fin d'études de son élève, Natalia Dudinskaya, et son partenaire, Konstantin Sergeyev.
Agrippina Vaganova écarta Conrad ; le Pas de Deux fut dansé par Médora et le "second cavalier", qui pris bientôt le nom d’Ali [l’esclave]… Il présentait une variation virtuose dans laquelle de nombreux interprètes ont brillé - et brillent encore, et dont la chorégraphie "de gala" fut portée par Vakhtang Chabukiani -.
Ali entra - en tant que personnage - dans Le Corsaire chorégraphié en 1955 par Pyotr Gusev pour le Ballet Maly - aujourd'hui Mikhailovsky -.

Parmi les "brillants interprètes" du Pas de Deux du Corsaire, Rudolf Noureev. Il le dansa pour la première fois avec Alla Sizova pour une présentation de concours, à Moscou, en 1958, puis l'emporta dans sa quête de liberté : un an après sa défection - lors d'une tournée à Paris du Ballet du Kirov -, le danseur montra pour la première fois le célèbre Pas de Deux à l'Ouest... A ses côtés, l'une de ses partenaires favorites, Margot Fonteyn...

1958... Rudolf Noureev danse le Pas de Deux du Corsaire avec Alla Sizova

Pas de Deux
Alla Sizova, Médora, et Rudolf Noureev, Ali, in Le Corsaire - Pas de Deux - 1858


Alla Sizova, Médora, et Rudolf Noureev, Ali, in Le Corsaire - Pas de Deux - 1858
Doublage en Français de la présentation par Alexis Mantovani Paysage Audio

1962... Rudolf Noureev danse le Pas de Deux du Corsaire avec Margot Fonteyn

Pas de Deux
Margot Fonteyn, Médora, et Rudolf Noureev, Ali, répètent Le Corsaire - Pas de Deux - Covengarden [Londres], 1962
(Photographie : Laurence Harris AP)


Margot Fonteyn, Médora, et Rudolf Noureev, Ali, dansent Le Corsaire - Pas de Deux - Londres

Variation[s] de Médora

Représentations en décembre 2018 dans les "costumes" de ces paragraphes, des variations de Médora...

D’une favorite à l’autre, la variation de Médora du Pas de Deux du Corsaire est ciselée sur des partitions musicales - et chorégraphiques - parfois différentes. C’est là une « conquête » traditionnelle du XIXème siècle, et qui s’étendit jusqu'au début du XXème siècle. Les ballets n'apparaissaient pas comme des œuvres intengibles, mais - quelle évidence - comme en mouvements : leurs créateurs les modifiaient régulièrement en fonction de leurs interprètes, et en particulier des ballerines, objets d'un véritable culte. Ainsi, et si on s’arime au Corsaire - exemplaire[s] -, Marius Petipa créait, ne cessait de créer, alors qu'aujourd'hui, on ne fait que répéter un texte qui s'est imposé à tel ou tel moment, à tel ou tel endroit et qui devient une sorte de modèle…
La plupart des variations introduites d’une production à l’autre étaient attachées à leur interprète et tiraient de cela leur légitimité.

Natalia Dudinskaya dansa, en 1931, la variation du Pas de Deux du Corsaire chorégraphié par Agrippina Vaganova sur la partition de la Variation de Gamzatti - ajoutée au Grand Pas d'Action in La Bayadère - ; cette variation fut celle du Pas de Vénus, dansé en 1868 in Le Roi Candaule, chorégraphié par Marius Petipa sur la musique de Cesare Pugni...

Alla Sizova dansa, en 1958, la Variation de Médora sur la partition de la Variation de La Reine des Driades... La musique d'Anton Simon avait été ajoutée en 1900 dans la production de Dom Quichotte chorégraphiée par Alexandre Gorsky.
Aux ccôté du même partenaire [Rudolf Noureev], Margot Fonteyn dansa ensuite cette variation [de Médora] "envolée" à La Reine des Driade dans le même Pas de Deux du Corsaire...

La variation la plus dansée cependant, et aujourd'hui encore, est celle, sur un air de Polka, que créa Tamara Karsavina en 1915, et dont la musique de Boris Fitinhof-Schell - et quelques pas peut-être - avaient été dansée dans Cendrillon [chorégraphié par Lev Ivanov et Enrico Cecchetti]...
C'est celle que "reprit" le Ballet du Kirov [Mariinsky] notamment...

Alexeï Ratmansky, bien qu'il ne fît pas danser Ali l'esclave - qui ne figurait dans aucune production de Marius Petipa dont le chorégraphe contemporain envisagea une "reconstruction" -, offrit cette même variation à Médora, dans un Pas de Deux avec Conrad...

Aurélie Dauvin © Corps et Graphies

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