La Danse Corps et Graphies - Nina Vyroubova et ses Visages par Jean Laurent - Chez Cuevas

TABLE DES CHAPITRES

Chez Cuevas

La Danse connaît désormais un nouveau pas : le chassé-croisé. Nina Vyroubova, ex-Etoile de l’Opéra, qui danse aujourd’hui dans les Ballets du Marquis de Cuevas, et Marjorie Tallchief, ex-Etoile du Marquis, qui danse actuellement à l’Opéra, l’interprètent avec une aisance désinvolte.

Célébrant son dixième anniversaire, la troupe du Marquis de Cuevas a donné au Théâtre de l’Alhambra une saison parisienne, qui fut sauvée, in extremis, par une représentation inoubliable de Giselle, dansée par Nina Vyroubova, inspirée et bouleversante. Chez Cuevas comme à l’Opéra, Vyroubova confirma ses dons remarquables de précision rythmique, sa légèreté, sa souplesse, et l’expression délicate et mélancolique de la poésie romantique.

Dans Giselle, Nina Vyroubova semble traduire le langage de l’âme avec ce regard profond, chargé de tendresse et d’émotion, qui confère au personnage son lyrisme surnaturel. C’est un enchantement d’applaudir à la fois cette précision technique et cet état de grâce, de spiritualité.

Nina Vyroubova peut relever tous les défis sur le plan international.

Quelques jours après avoir dansé Giselle, Vyroubova interpréta chez le Marquis le second acte du Lac des Cygnes. Son style ciselé et pur s’y manifesta dans toute sa splendeur. L’impeccable netteté de sa technique n’a d’égale que ce lyrisme émouvant qui vient de l’âme et touche l’esprit autant que le cœur.

Nina Vyroubova fit sa première création chez Cuevas, à l’Alhambra, le 22 juin 1957, dans un Ballet d’Ana Ricarda : La Chanson de L’Eternelle Tristesse. Elle fut la fragile princesse chinoise Yang-Kuei-Fei, favorite du jeune Empereur (Serge Golovine). Les ravissants costumes et décors de N.H. Stubbing contribuèrent pour une grande part au succès de cette chinoiserie sur pointes, délicate et raffinée.

A la ville, Vyroubova n’est ni précieuse, ni romantique :

- J’aime m’amuser, rire, avoue-t-elle simplement. Je ne m’ennuie jamais, je lis suffisamment. J’aime surtout les livres historiques. J’adore la musique. Je jouais du piano, mais hélas ! je n’ai plus le temps… Pendant mes voyages, je tâche de visiter le plus de monuments et de musées possible, malgré ma fatigue qui nuit à la Danse. Ainsi, grâce aux Indes Galantes, j’ai eu l’occasion de connaître Florence et ses trésors… parce qu’il n’y avait pas de "pointes" au spectacle du soir… J’aime l’atmosphère d’un studio quel qu’il soit, et le moment le plus ingrat de notre métier : les cours. Je suis l’évolution générale de la Danse et des danseurs du monde entier. J’admire Yvette Chauviré. Je crois très sincèrement que la fécondité de la création, et l’influence de la danse contemporaine de Serge Lifar, ont contribué à la renaissance du Ballet Français.

- Et en dehors de la Danse ?

- J’aime ma famille, ma mère, mon fils. J’aime les enfants, la nature, surtout la mer. J’aime les bêtes, les chiens. Je suis sportive…"

Vyroubova est actuellement à Paris. Elle rentre d’Allemagne et va commencer une saison parisienne, avec la troupe du Marquis de Cuevas, au théâtre des Champs-Elysées.

Elle a déjà repris tous les grands rôles du répertoire et dansé La Somnambule et Inès de Castro, La Péri de Serge Lifar, et un Pas-de-Deux, Duetto, que Lifar a réglé pour elle et Golovine sur une page brillante de Liszt : la paraphrase de Rigoletto de Verdi, écrite par Liszt, et orchestrée par Clœz.

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Aurélie Dauvin © Corps et Graphies

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