La Danse Corps et Graphies - Prométhée : Serge Lifar sous les feux de l'Olympe-Opéra - acte Ier

"Ce soir, à l'Opéra, à 8 h. 30, première' représentation de : Les Créatures de Prométhée, ballet de Beethoven, livret reconstitué par MM. Jean Chantavoine et Maurice Léna (Mlles Spessitzeva, Lorcia ; MM. Serge Lifar, Peretti). Le spectacle comprend, en outre, Persée et Andromède et l'Heure Espagnole."
La Liberté, 31 décembre 1929

Avant la première matinée d'une nouvelle année, la "première scène nationale" ouvrait son rideau sur un ballet créé à Vienne près de cent-trente ans plus tôt et oublié.
Corps et Graphies d'une "recréation" chorégraphié [et dansé] par Serge Lifar, Maître [re]connu aux Ballets Russes [de Serge Diaghilev], dans l'ombre de la coulisse en cette année 1929 - qui dansait sa dernière soirée...

Prométhée

Prométhée
Serge Lifar in Les Créatures de Prométhée - Opéra de Paris, 1930

Prométhée

Serge Lifar a évoqué son parcours dans quelques ouvrages - et son art dans autant de traités, de biographies [d'artistes et de ballets] -... Embellit-il ? Ombrage-t-il ?
- A la fin du premier chapitre["Fils de moi-même"] de la deuxième partie ["L'Essor"], de Ma Vie, il conte son entrée "prométhéenne" à l'Opéra de Paris - Choréauteur et "étoile" du ballet composé par Ludwig van Beethoven et dansé pour la première fois à Vienne en 1801...

J'avais déjà rencontré Jacques Rouché […]

Je retrouvai derrière son bureau ce petit homme dont j'avais su qu'il aimait dire : "Je suis un disciple de Diaghilev." Je savais aussi qu'il ajoutait parfois : "Je serai son continuateur."

- Lifar, je voudrais beaucoup vous voir sur la scène de l'Opéra. Que diriez-vous si je vous proposais d'y régler un ballet et de le danser ? Tenez, par exemple, le Prométhée de Beethoven… En ce qui concerne les conditions, je puis vous offrir cinq mille francs pour la soirée et dix mille pour la chorégraphie.

- Ce n'est pas là le problème, Monsieur le Directeur. C'est à mes yeux un tel honneur de danser à l'Académie nationale de danse que je le ferais volontiers pour rien. Mais une seule autre chose m'inquiète : je n'ai plus dansé depuis un certain temps, je ne suis pas en forme et je ne saurais faire ma rentrée avant d'avoir suivi un entraînement de plusieurs mois. Reste à savoir même si je pourrai jamais retrouver mon ancienne forme. Et je n'accepterai de paraître à l'Opéra qu'en possession de tous mes moyens.

- Voyons, Lifar, il ne s'agit pas de danser demain. Comptez deux bons mois pour la chorégraphie et les répétitions. D'ici là vous aurez largement retrouvé tous vos moyens.

- Très bien, j'essaierai. Engagez un chorégraphe, j'apprendrai le rôle et tâcherai de le danser.

- Un chorégraphe ? Mais je compte sur vous, sur l'auteur de Renard ! Le sujet que je vous propose est passionnant, non ?

- Sûrement. Mais c'est une tâche au-dessus de mes forces et je ne voudrais pas m'en charger. C'est une chose de régler Renard pour les Ballets Russes, c'en est une autre de monter Prométhée sur la plus grande scène d'Europe. Là-bas j'avais à faire à des camarades, toujours prêts à m'aider, en outre je n'avais pas à me soucier du corps de ballet, tandis qu'ici je pénétrerai dans un monde nouveau, les moyens de votre corps de ballet me semblent vraiment faibles.

- C'était pour cela que je vous demandais votre collaboration. En tout cas, vous devez danser le rôle de Prométhée. Je tiens à ce que vous me le promettiez formellement.

Je réfléchis un instant. En allant voir Jacques Rouché, j'étais décidé à refuser toutes les propositions qui pourraient m'être faites. Mais maintenant tout à coup j'avais follement envie de danser à l'Opéra.

- Je m'y engage résolument, Monsieur le Directeur, et je ferai de mon mieux pour que vous ne regrettiez pas d'avoir fait appel à moi, à la seule condition qu'Olga Spessivtzeva sera ma partenaire.

Je ne doute pas un seul instant de votre succès. Mais puisque vous refusez de vous charger de la chorégraphie, dites-moi à qui vous souhaitez que je m'adresse. Staats ?

-En toute franchise, Monsieur le Directeur, je préférerais un autre chorégraphe.

- Voulez-vous que j'engage Nijinska ?

- Puisque vous acceptez de confier Prométhée à un chorégraphe des Ballets Russes, je suggérerais plutôt Balanchine.

- C'est entendu, Lifar. Où est-il ? Faites-le venir.

Lorsque je racontai à mes amis que Jacques Rouché m'avait pressenti pour régler la chorégraphie de Prométhée et leur fis part de mon refus, ils m'approuvèrent chaleureusement, mais pour des raisons auxquelles, certes, je n'avais pas songé : Prométhée, m'expliquèrent-ils, était le "ballet-guigne" du répertoire : Vigano avait essuyé un échec cuisant avec Prométhée, Karsavina s'était abîmé le talon en le dansant, etc. Je dois dire qu'en effet, comme pour justifier sa mauvaise réputation, Prométhée provoqua une série de malheurs : Balanchine tomba gravement malade à l'issue de la première répétition ; Blondeau, l'excellent administrateur de l'Opéra, mourut quelques jours avant la création du ballet. Un an plus tard, à Saint-Nazaire, je baptisais un sous-marin du nom de Prométhée, mais ne pus prendre part à la première plongée, étant très fortement grippé : une avarie s'étant produite, le sous-marin ne remonta point à la surface et, sur les deux cents membres de l'équipage, un seul fut sauvé, le commandant Dumesnil. C'est Jacques Rouché, messager du destin, qui, au dernier moment, m'avait empêché de participer à ce lancement. Ma photographie, qu'en tant que parrain j'avais envoyée, se trouvait au fond de l'eau au milieu de cet équipage.

***

[…]

Jacques Rouché me présenta à la troupe. A cette occasion, il exprima l'espoir que, conformément à leur coutume, les artistes français accueilleraient favorablement le nouveau venu que j'étais, le premier danseur et le chorégraphe des Ballets Russes. Il y eut un silence et, bien sûr, il ne pouvait y avoir d'autre réponse ; moi-même, je ressentis une impression de froid, voire même d'inimitié.

Cette atmosphère, je dois le dire, changea assez rapidement : à mesure qu'avançaient les répétitions, je me faisais de plus en plus d'amis parmi les jeunes. Mais pour les autres, ce fut tout le contraire… Pourtant, de ce jour-là, je suis devenu "maître" et, pendant un quart de siècle, accueilli par ces "maître", "bonjour, maître", des petits rats jusqu'aux étoiles, j'ai été une sorte d'heureux berger.

***

A la première répétition de Prométhée, Balanchine se présenta en très mauvais état de santé, et les choses commencèrent fort mal. Je me disais sans cesse : "Et moi, j'aurais fait cela tout autrement." Il n'y eut pas de deuxième répétition : Balanchine fut obligé de s'aliter, atteint d'une congestion pulmonaire. Cela devait durer un mois. Jacques Rouché m'en fit part en ajoutant :

- Ma foi, Lifar, c'est le destin lui-même qui veut que vous vous chargiez de la chorégraphie de Prométhée. Maintenant, vous ne pouvez plus refuser.

Je n'éprouvais plus la moindre envie de le faire, car, dans mon imagination, se dessinait déjà tout le ballet. Je me mis au travail sans plus attendre.

Le personnage central devait être constitué, pour moi, par le titan Prométhée lui-même et non par ses créatures ; je concevais trois plans : Prométhée, ses créatures, les personnages mythologiques tels que la mort, l'amour, etc. ; enfin, le chœur, sorte de décor vivant servant de fond aux évolutions des protagonistes.

Ma conception plastique du rôle de Prométhée se ressentait de l'influence des ballets de Diaghilev, de leurs lignes nettement brisées, de leurs mouvements brusques parfois. Mais, déjà, je le pressentais, j'obéissais à ma libre inspiration, à mon identification dansante avec le personnage. Je réglais ces danses pour moi, pour moi-même : cela me libérait de tous les canons, je me laissais aller, je notais simplement les visions plastiques qui naissaient spontanément, et cela me causait une grande joie créatrice.

Il n'en allait pas de même pour le corps de ballet. Venant seulement de faire mon entrée dans un établissement fier de ses traditions séculaires, je n'osais pas encore moderniser l'ensemble : s'il m'arrivait quelquefois de m'écarter des groupements traditionnels, je le faisais avec prudence, je dirais avec timidité encore. Pourtant, je fis coucher au sol des danseurs qui effectuaient leurs jeux de jambes dans cette position. Et je mis des gants, ce qui était déjà une manière de révolution.

Plastiquement parlant, les autres personnages se trouvaient à mi-chemin entre Prométhée et le corps de ballet : dans leurs danses, je m'écartais résolument des traditions et créais sur deux plans, l'un concret et l'autre imaginaire. Des deux créatures, la compagne m'intéressait davantage ; je la voyais sous les traits d'une Galatée incarnée par Spessivtzeva. Par bonheur, celle-ci appartenait alors à l'Opéra : Jacques Rouché l'avait engagée.

Je trouvai une remarquable interprète de la mort en la personne d'une jeune première danseuse, Suzanne Lorcia. Le rôle de l'amour revenait à Camille Bos. Mais celle-ci se récusa, et je dus faire appel à Mlle Lamballe.

Le travail progressait rapidement. Je logeais alors au Grand-Hôtel et, de ma fenêtre, je pouvais contempler tout en découpant moi-même la tunique de cuir de Prométhée, la statue d'Apollon qui décore la façade de l'Opéra et dont la vision accompagnera ma vie. A l'issue de chacune des répétitions, la troupe considérait mon œuvre avec une estime grandissante. J'avais fini par obtenir une discipline parfaite, et Olga Spessivtzeva était pour moi un précieux auxiliaire : par sa propre docilité, elle montrait l'exemple aux autres ; pas une fois, je ne l'entendis élever la moindre objection, la moindre critique.

Je me souviens encore d'un incident fort divertissant qui se produisit au cours d'une répétition. J'exécute deux tours en l'air et, au lieu de les terminer debout ou un genou à terre, retombe sur le flanc. Tous se précipitent autour de moi : Jacques Rouché, les musiciens, le corps de ballet. Ils avaient cru que j'avais fait un faux mouvement et m'étais blessé. Je me relève tranquillement - le "pas" était prévu dans ma chorégraphie - et leur dis d'un ton indifférent :

- Eh bien, qu'est-ce qui se passe ?… Continuons !

Mais bientôt commencèrent les ennuis. Comme j'étais russe, j'avais été engagé pour un seul ballet (Prométhée) et pour une seule représentation, et Jacques Rouché avait pris des dispositions pour qu'à toutes les premières répétitions assistent le maître de ballet Staats et deux premiers danseurs Ricaux et Aveline : le premier, en mon absence, devait assurer la survie de la chorégraphie, un des danseurs, me succéder dans le rôle de Prométhée. L'un et l'autre refusèrent de s'exécuter, en déclarant qu'en aucun cas, ils ne voulaient être mêlés à cette "horreur".

Un autre scandale, encore plus important, faillit éclater entre nous et les deux auteurs qui avaient reconstitué le livret de Prométhée. L'un d'eux, M. Chantavoine, secrétaire général du Conservatoire national de musique, ayant assisté à une répétition du ballet, exigea tout simplement que Prométhée fût enlevé de l'affiche : à l'entendre, j'avais tellement trahi les intentions des librettistes et de Vigano, le créateur au XIXème, et transformé si bien Les créatures de Prométhée en Prométhée et ses créatures, qu'il ne pouvait être question d'accepter ma chorégraphie. Jacques Rouché répondit par une fin de non-recevoir. Ce que voyant - et voyant surtout que, d'une façon ou d'une autre, Prométhée serait joué et ferait recette - les deux intéressés exigèrent que leurs noms ne figurassent point sur l'affiche, mais, en même temps… ils adressaient à la Société des Auteurs une lettre expliquant qu'ils étaient les librettistes "anonymes" du ballet et réclamant que les droits leurs fussent régulièrement versés. La situation devenait assez comique : d'une part, messieurs les librettistes faisaient supprimer leurs noms au programme, refusaient leur "approbatur" à MON travail ; d'autre part, ils prétendaient toucher de l'argent… pour MON travail.

Tout cela, je l'expliquai à Jacques Rouché, qui se trouvait en posture délicate : d'une part, il ne voulait nullement se brouiller avec ses deux "auteurs" et, de l'autre, il était forcé de reconnaître que j'avais parfaitement raison. Il décide donc de s'en tirer de la manière suivante : me payer de sa propre poche des honoraires d'auteur et me convaincre d'accepter que figurât sur l'affiche la mention : "Argument de MM. X… et X…" Et, pour conclure l'entretien, Jacques Rouché tira son carnet de chèques…

Bien entendu, je refusai de toucher aucun honoraire, niais ne pus protester contre les collaborateurs anonymes. Et voici toute l'histoire de la singulière rédaction de l'affiche des Créatures de Prométhée qui surprend encore bien des gens !

Aujourd'hui encore, malgré mes efforts, le choréauteur n'est toujours pas reconnu par la Société des Auteurs comme créateur. C'est une injustice professionnelle d'autant plus grande que le ballet est souvent à la source de l'impulsion musicale.

Les incidents ne devaient pas s'arrêter là. Lors de la répétition générale éclata un tel scandale que je fus sur le point de quitter l'Opéra avant la première représentation de mon ballet. Et la cause de ce scandale, ce fut quelqu'un qui devint un de mes grands amis, un homme charmant et doux à l'ordinaire : J.E. Szyfer.

L'histoire de son entrée à l'Opéra vaut d'être contée. Jeune compositeur d'origine polonaise, Szyfer avait écrit la musique du film La Croisière Jaune, dont la première projection devait avoir lieu à l'Opéra. Il fallut donc répéter la partition et, de ce fait, Szyfer se trouva, à plusieurs reprises, convoqué au Palais Garnier. Il s'y plut… Il y resta.

A cette époque les chefs d'orchestre considéraient la danse avec un dédain mal dissimulé et évitaient de diriger une partition chorégraphique. Seul Henri Busser le faisait assez volontiers, et François Ruhlmann aussi condescendait à prendre la baguette, pourvu que cela ne fût pas trop souvent. Il y avait donc un pupitre à prendre, et Szyfer l'occupa aisément, surtout après le triomphe de Prométhée. Ensuite, d'autres l'imitèrent, dont Philippe Gaubert qui composa un ballet, puis un autre, et se chargea de les diriger.

Mais voilà qu'un énorme scandale éclate entre Szyfer et moi. Nous répétons. Au second tableau, l'orchestre attaque une variation deux fois plus lentement qu'à l'accoutumée. Au bout de quelques mesures, convaincu qu'il ne peut s'agir que d'un malentendu, je fais signe d'arrêter et demande de reprendre. Szyfer s'exécute, sans mot dire… Dans le même tempo, ralenti, impossible à danser. Je me fâche et réclame un peu vivement le tempo arrêté lors des répétitions précédentes. Szyfer fait la sourde oreille. J'arrête l'orchestre, et nous entamons une discussion avec le chef. Szyfer m'explique qu'il doit se conformer aux indications de Beethoven et non pas aux miennes, qu'il refuse de compromettre sa réputation de musicien en prêtant le flanc à des critiques parfaitement justifiées. Je lui réplique que, moi, je me moque de la critique et de sa réputation : j'exige que la musique soit jouée comme à toutes les autres répétitions et telle que la connaissent mes danseurs, d'après mes indications.

- Recommençons !

La même histoire, les mêmes discussions. A la cinquième reprise, Szyfer me lance, de haut :

- Je ne peux pas faire autrement : ce morceau est très célèbre !

Hors de moi, je lui réplique d'une voix tonnante :

- Et moi aussi, je suis très célèbre ! On imagine le charivari que cette réplique provoqua dans la fosse d'orchestre. Sous une bordée d'injures et de sifflets, je ramassai ma serviette et me retirai dans la coulisse. Je vois Rouché qui se lève et court vers moi.

"Bien sûr, me dis-je, après un tel scandale, il va me jeter dehors séance tenante !" Et je presse le pas vers ma loge pour ne pas le rencontrer, ne plus jamais revenir à l'Opéra.

Jacques Rouché me rejoint :

- Calmez-vous, Lifar… Au lieu de me chasser, il me parle amicalement. Il comprend parfaitement, me dit-il, que le tempo n'est pas dansable, me promet d'intervenir auprès de Szyfer, me demande de me réconcilier avec lui. Le soir même, au Café de la Paix, nous scellions notre pacte avec Szyfer, en présence de notre directeur. J'obtenais les concessions nécessaires.

Vint le 31 décembre 1929. Je danse le prologue de Prométhée. Tout le monde chorégraphique de Paris est dans la salle, prêt à me juger. Condamné. Acquitté. Félicité… Au troisième rang de l'orchestre, je reconnais les visages familiers de Kschessinska, Egorova, Trefilova, Nemtchinova, Préobrajenska, enfin toute la danse, les deux premiers rangs étant réservés aux abonnés… J'ai nettement l'impression - cela l'artiste s'en rend compte au bout de quelques instants - que le public est "accroché". Malgré quelques réticences… qui disparaissent dès ma grande variation du prologue. Chacun de mes tours avec chute sur le côté provoque des applaudissements. Mes grands jetés soulèvent la salle. Ma fièvre a trouvé son écho. Au baisser du rideau, c'est un vrai triomphe.

La victoire est totale. Ma loge est pleine. Je ne comprends plus rien, je n'entends plus ce que l'on me dit. Pour la première fois - mais non la dernière - Jacques Rouché vient dans une loge d'artiste. Très ému, il est là avec Olga Spessivtzeva, m'attendant devant le champagne qu'il a commandé. Il me donne l'accolade :

- Lifar, je vous confie le destin du ballet national et de la danse à l'Opéra ! C'est désormais votre maison, restez !

Serge Lifar, Ma Vie, deuxième partie "L'Essor", chapitre Ier "Fils de moi-même" - 1965

Aurélie Dauvin © Corps et Graphies

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