La Danse Corps et Graphies - La Source, "Carnet d'un voyage en Orient" - Acte III

Œuvre chorégraphique d'importance présentée à Paris depuis plusieurs années, La Source - ballet fantastique en trois actes et quatre tableaux - est créé le 12 novembre 1866 au Théâtre de l’Opéra de la rue Le Peltier. Librettiste avec Charles Nuitter, archiviste de L’Opéra et amateur de théâtre - qui organisera la Bibliothèque Musée dans le futur Opéra Garnier -, Arthur Saint-Léon signe la chorégraphie, sur une musique "à quatre mains" de Ludwig Minkus, pour les premier et quatrième tableaux, et Léo Delibes, jeune compositeur, mélodiste brillant qui convient admirablement à la danse, pour les second et troisième tableaux. Le trio "de" Coppélia

… Source, à l'avant-scène, de l'inspiration picturale, mirée en vers, puis, de la scène reflétée encore pour les traits d'une danseuse, modèle aussi modelée : le ballet ne paraît que gai coloré, filé au ton - automne au gré des Arts.

"Lorsque la jeune fille à la source voisine"

Là, muse pour les poètes, que la danse l’amuse… Et des salons, ci des musées, la féminine source a mué en ses courants…

Toile
Jean Auguste Dominique Ingres, La Source, Huile sur toile - 1820-1856
© RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay)/Thierry Le Mage

Ebauchée vers 1820 La Source ne fut achevée qu'en 1856. Jean Auguste Dominique Ingres était assisté de deux de ses élèves. C’était une pratique fort courante pour les grands formats alors…

La composition souligne l'influence des moyens d'expression propre à la sculpture pour le traitement de la nymphe : dans la verticalité du format, le nu en pied est comme inséré dans une niche. La pose du modèle aussi, semble une construction de marbre dans son immobilité.

Il faut ici reconnaître, bien sûr, l'importance de la statuaire antique pour le courant néo-classique dont l'artiste est le chef de file.

Les critiques d'art de l'époque se sont interrogés également sur l'ambition du peintre d'élaborer une figure d'une beauté idéale et sur sa part de réalisme. Sur les contours du corps, la touche se fait moins brillante, plus veloutée, comme pour suggérer le grain de la peau et donner l'illusion de la chair. Si Jean Auguste Dominique Ingres demeure fidèle à l'enseignement classique de David par l'importance accordée à la ligne et au dessin, il dépasse ce cadre et son style novateur ouvre la voie à des artistes comme Degas ou Picasso. Le corps étiré est prétexte au jeu des lignes serpentines, le traitement du modelé est l'objet d'une extraordinaire simplification des moyens et l'absence de profondeur accentue la présence de la silhouette.

Chez son premier propriétaire, le comte Duchâtel, le tableau était "entouré de grandes plantes et de fleurs aquatiques, pour que la nymphe de la source ait encore plus l'air d'une personne réelle". Théophile Gautier, dans L'Artiste du 1er février 1857, décrit notamment cette synthèse entre réel et idéal…

La source - Nouveau tableau de M. Ingres

La Source, tel est le titre du nouveau tableau de M. Ingres, ou du moins celui qui se présente le plus naturellement à l’esprit en face de cette charmante composition, où l’idéal et la nature se fondent en des proportions parfaites.

La toile a cette dimension étroite et haute qui est déjà une élégance lorsque le peintre sait la remplir sans gêne.
Sur un fond de roche grise, rayé de quelques stries, égayé de quelques filaments de plantes pariétaires d’un vert discret, se dessine, dans la chaste nudité de ses quinze ans, une figure à la fois mythologique et réelle, une nymphe ou une jeune fille, si vous l’aimez mieux. Un païen y verrait la naïade du lieu ; un chrétien du moyen âge, l’ondine des légendes ; un sceptique de nos jours, une belle enfant qui s’est baignée dans la source, et, avant de reprendre ses habits, confie quelques instants sa beauté à la solitude :

Lorsque la jeune fille à la source voisine
A sous les nénuphars lavé ses bras poudreux,
Elle reste au soleil, les mains sur sa poitrine,
A regarder longtemps pleurer ses longs cheveux.
Elle sort, mais pareille aux rochers de Borghèse,
Couverte de rubis comme un poignard persan,
Et sur son front luisant sa mère qui la baise
Sent du fond de son cœur la fraîcheur de son sang.

Ces vers d’Alfred de Musset voltigeaient sur nos lèvres tandis que nous regardions, immobile et ravi, cette admirable peinture. Ce n’est pas une ressemblance que nous voulons signaler, mais une impression analogue. Dans la poésie et dans le tableau, il y a quelque chose de frais comme l’eau de source, et l’on sent le froid baiser du bain sur ce charmant corps de vierge.
Elle est là, debout, pure et blanche comme un marbre grec rosé par la vie ; ses prunelles couleur de myosotis nagent sur le fluide bleu de la jeunesse ; ses joues ressemblent à des pétales d’églantines effeuillées sur du lait ; un éclair de nacre brille dans son vague sourire entr’ouvert comme une fleur ; son nez délicat laisse la lumière pénétrer ses fines arêtes et ses narines transparentes ; tous ces traits charmants sont enveloppés par le contour le plus suave, le plus virginal dans sa rondeur enfantine, qu’ait jamais tracé la main d’un peintre. L’enfant est blonde comme Vénus, comme les Grâces, comme Ève ; un or soyeux et frissonnant couronne son petit front antique.
Son bras droit, arrondi au-dessus de sa tête avec un mouvement d’une grâce athénienne, soulève une urne d’argile appuyée sur son épaule et dont le goulot pose sur sa main gauche ; du vase à demi renversé tombe l’eau en fusées brillantes, dont la rencontre du rocher fait des perles.
Le bras relevé entraîne la ligne extérieure du corps et lui donne une ondulation serpentine d’une suavité extrême ; on suit amoureusement ce contour modulé comme une belle phrase musicale, qui chante et se rythme à l’œil avec une harmonie enchanteresse.

M. Ingres connaît aussi bien que les Grecs les mélodies de la forme, l’eurythmie des poses et la métrique de cet admirable poème du corps humain, le plus beau vêtement que puisse emprunter l’idéal. Une jeune fille nue qui a les bras levés, qui hanche, et dont une des jambes fait un peu retraite, tandis que l’autre porte en plein, cela ne semble pas bien difficile à trouver ; eh bien ! Le génie de tous les statuaires et de tous les peintres cherchant le beau depuis des siècles n’a rien pu inventer qui dépassât cette conception si simple en apparence.

La nymphe de M. Ingres a quinze ans tout au plus ; hier c’était un enfant, aujourd’hui c’est une jeune fille, mais rien de la femme n’apparaît encore dans ces formes pures, virginales, insexuelles même, si l’on peut risquer un tel mot ; le sein petit, à peine éclos, teinté à sa pointe d’une faible lueur rose, n’éveille pas plus de désir qu’un bouton de fleur ; le reste du torse, chastement nu, est vêtu de sa blancheur marmoréenne comme d’une tunique de pudeur ; on sent qu’on n’a pas devant les yeux des organes, mais des expressions d’idéal ! Innocence, jeunesse, fraîcheur, beauté ! La vie vierge, la perfection immaculée ! Une palpitation et une rougeur dans un marbre de Paros !
Des pieds divins qui n’ont jamais marché que sur les tapis de fleurs de l’idylle Syracusaine servent de socle à cette charmante figure ; l’eau qui sourd de la roche en bouillons argentés et qui les a pâlis en les refroidissant, et leurs doigts nobles, comme si Phidias les avait modelés, se sculptent dans des tons d’ivoire.
À peine sortie du rocher, la source s’endort en un petit bassin sur des cressons et des plantes d’eau, et sa surface brunie comme le métal d’un miroir antique répète, en les renversant et en les azurants un peu, les belles jambes blanches de l’enfant. On dirait que le peintre ne se séparait qu’avec chagrin de sa figure, et qu’il la prolonge sous l’eau avant de la quitter à tout jamais.

Louer chez M. Ingres la pureté de son dessin, la finesse de son modelé, l’élévation de son style, c’est un lieu commun qu’il n’est plus guère permis de répéter ; aussi n’en dirons-nous rien. Ce qui nous a surtout frappé dans cette nouvelle toile, c’est la beauté suprême de la couleur. On exposerait la Source au milieu d’une galerie de chefs-d’œuvre flamands et vénitiens, elle supporterait sans désavantage la lutte avec les plus fiers coloristes. Jamais chairs plus souples, plus fraîches, plus pénétrées de vie, plus imprégnées de lumière ne s’offrirent aux regards dans leur pudique nudité. L’idéal, cette fois, s’est fait trompe-l’œil ; c’est à croire que la figure va sortir du cadre et reprendre ses vêtements suspendus à un arbre.

Quelque admiration que nous professions pour les autres tableaux de M. Ingres, la Source nous paraît être la perle de son œuvre. Au delà, l’art se perd dans l’impossible ou retourne à Dieu.

Les siècles jaloux ont fait disparaître les peintures d’Apelles, le Raphaël athénien ; mais nous croyons volontiers que sa Campaspe nue devait être dessinée et peinte comme la Source de M. Ingres. (...)

C’est à M. Duchâtel qu’appartient la Source. Nous n’avons jamais désiré la richesse qu’en de pareilles occasions. Avec quelques poignées d’or, quelques liasses de billets, on achète un chef-d’œuvre, comme si de telles merveilles pouvaient se payer ! Il faudrait du moins qu’une loi forçât l’heureux possesseur à exposer son trésor une fois ou deux par semaine !

Théophile Gautier: L'Artiste - 1er février 1857

…Est-ce La Source picturale de Jean Auguste Dominique Ingres qui inspira l'aventure chorégraphiée autour de la féérique Naïla, âme des lieux comme figure de la toile peut-être ? Elle fut, tout d'abord "chantée" – pui[t]s enchantée – par la poésie de Théodore de Banville.

La Source

À Ingres

Jeune, oh ! Si jeune avec sa blancheur enfantine,
Debout contre le roc, la Naïade argentine
Rit. Elle est nue. Encore au bleu matin des jours,
La céleste ignorance éclaire les contours
De son corps où circule un sang fait d’ambroisie.
Svelte et suave, tel près d’un fleuve d’Asie
Naît un lys ; le désert voit tout ce corps lacté,
Sans tache et déjà fier de sa virginité,
Car sur le sein de neige à peine éclos se pose
Le reflet indécis de l’églantine rose.
Ô corps de vierge enfant ! Temple idéal, dont rien
Ne trouble en ses accords le rythme aérien !
L’atmosphère s’éclaire autour du jeune torse
De la Naïade, et, comme un Dieu sous une écorce,
Tandis que sa poitrine et son ventre poli
Reflètent un rayon par la vie embelli,
Une âme se trahit sous cette chair divine.
La prunelle, où l’abîme étoilé se devine,
Prend des lueurs de ciel et de myosotis ;
Ses cheveux vaporeux que baisera Thétis
Étonnent le zéphyr ailé par leur finesse ;
Elle est rêve, candeur, innocence, jeunesse ;
Sa bouche, fleur encor, laisse voir en s’ouvrant
Des perles ; son oreille a l’éclat transparent
Et les tendres couleurs des coquilles marines,
Et la lumière teint de rose ses narines.
La nature s’éprend de ce matin vermeil
De la vie, aux clartés d’aurore. Le soleil
Du printemps, qui de loin dans sa grotte l’admire,
Met un éclair de nacre en son vague sourire.
La vierge, la Naïade argentine est debout
Contre le roc, pensive, amoureuse de tout,
Et son bras droit soulève au-dessus de sa tête
L’urne d’argile, chère au luth d’or du poète,
Qui dans ses vers, où gronde un bruit mélodieux,
Décrit fidèlement les attributs des Dieux.
Son corps éthéréen se déroule avec grâce
Courbé sur une hanche, et brille dans l’espace,
Léger comme un oiseau qui va prendre son vol.
Seul, un de ses pieds blancs pose en plein sur le sol.
Le vase dont ses doigts ont dû pétrir l’ébauche
S’appuie à son épaule, ô charme ! Et sa main gauche
Supporte le goulot, d’où tombe un flot d’argent.
Les perles en fusée et le cristal changeant
Ruissellent, et déjà leur écume s’efface
Dans l’ombre du bassin luisant, dont la surface
Répète dans son clair miroir de flots tremblants
Les jambes de l’enfant naïve et ses pieds blancs.
Oh ! Parmi les lotus ouverts et les narcisses,
Où vont tes pieds glacés, Source aux fraîches délices ?
Où tes flots, à présent dans la mousse tapis,
Baigneront-ils au loin des champs mouvants d’épis ?
Où verras-tu frémir aussi dans tes opales
Le pin, et l’olivier que tordent les rafales ?
T’enfuis-tu dans la nuit vers le vallon désert,
Vers le sentier rougeâtre où croît l’euphorbe vert,
Où l’on voit se flétrir sous les pieds des bacchantes
La violette aux yeux mourants et les acanthes ?
Où vas-tu, bleue et froide en tes sombres chemins,
Clarté ? Chercheras-tu les buissons de jasmins
Ou la cité bruyante et pleine d’allégresse
Que parent les héros issus d’une Déesse,
Les tueurs de lions, qui sur leur large flanc
Tourmentent de la main des glaives teints de sang ?
Ô Source, dans les champs de la fertile Épire,
L’Achéron se courrouce et l’Aréthon soupire ;
Le Pénée, aux baisers des Nymphes échappé,
Court, ivre de désir, vers la molle Tempé ;
L’Étolie a des bois odorants où circule
L’Achéloos meurtri par le divin Hercule ;
Près du doux Ilissos qui reflète le ciel,
Sur les coteaux penchants l’abeille fait son miel,
Et le Strymon, qui pousse une plainte étouffée,
Roule avec des sanglots un dernier chant d’Orphée.
Tous ces fleuves sont beaux, et dans leur libre essor
Apportent à la mer des ruisseaux brodés d’or :
Un chœur dansant bondit sur les bords du Céphise ;
L’harmonieux Pénée a vu Daphné surprise
Se changer en laurier verdoyant sur ses bords ;
Le Sperchios entend mourir le bruit des cors ;
Le long de l’Axios passent des hécatombes ;
La douce Thyamis a des vols de colombes
Qui vont en secouant leurs ailes vers les cieux.
Tous ces fleuves d’azur au cours délicieux
Ont de leurs noms vivants charmé la grande lyre,
Ô Source enfant, mais nul d’entre eux n’a ton sourire !
Oh ! je te reconnais, Source enfant, tu seras
Le limpide Eurotas, où, levant leurs beaux bras,
Les guerrières de Sparte aux âmes ingénues
Dans la nappe d’argent se baignent toutes nues ;
L’Eurotas, tout glacé de suaves pâleurs,
Où croît le laurier-rose au front chargé de fleurs !
C’est dans ton flot riant, à l’ombre de la vigne,
Que Léda frémira sous le baiser du cygne,
Pâle d’horreur, serrant les ailes de l’oiseau
Sur sa poitrine folle où l’ombre d’un roseau
Se joue, et sur le lit de fleurs que l’onde arrose
Mordant un col de neige avec sa lèvre rose !
Le fleuve ému la berce en un riant bassin,
Et des soupirs brûlants s’échappent de son sein
Mollement caressé par les eaux fugitives.
Ah ! Toujours l’Eurotas gardera sur ses rives,
Que les enchantements choisissent pour séjour,
L’écho tumultueux de ses grands cris d’amour,
Ô Source ! Et c’est aussi près de ton onde claire
Qu’Hélène aux cheveux d’or, tremblante de colère,
Passera, saluant d’un rire méprisant
Le palais délaissé de Tyndare, et baisant
De sa lèvre enfantine encore inapaisée
Les noirs cheveux touffus de son amant Thésée.
La petite Naïade est pensive. Elle rit.
Devant ses pieds d’ivoire un narcisse fleurit.
Oiseaux, ne chantez pas ; taisez-vous, brises folles,
Car elle est votre joie, ailes, brises, corolles,
Verdures ! Le désert, épris de ses yeux bleus,
Écoute murmurer dans le roc sourcilleux
Son flot que frange à peine une légère écume.
L’aigle laisse tomber à ses pieds une plume
En ouvrant dans l’éther son vol démesuré ;
L’alouette vient boire au bassin azuré
Dont son aile timide agite la surface.
Quand la pourpre céleste à l’horizon s’efface,
Les étoiles des nuits silencieusement
Admirent dans le ciel son visage charmant
Qui rêve, et la montagne auguste est son aïeule.
Oh ! Ne la troublez pas ! La solitude seule
Et le silence ami par son souffle adouci
Ont le droit de savoir pourquoi sourit ainsi
Blanche, oh ! Si blanche, avec ses rougeurs d’églantine,
Debout contre le roc, la Naïade argentine !

Théodore de Banville : Les Exilés - avril 1861

Ingénue… L’Eugénie de [la] source - impressionniste

De pas en pauses, en l’art Eve errance, de pinceaux ou ciselée…

En scène…
Eugénie Fiocre dans le rôle de Cupidon
(photographie : André Adolphe Eugène Disdéri)

Si le style de Jean Auguste Dominique Ingres influença sans aucun doute le pinceau d’Edgar Degas, c’est aussi, très certainement, le mouvement – non produit, mais provoqué – par d’autre "violon" qui guida son inspiration vers une « représentation » de La Source.

Celui qui demeurerait célèbre comme « peintre des danseuses », a en effet, choisi de tracer le portrait d’Eugénie Fiocre, l’une des ballerines qui posa dans son atelier comme tant d’autres qu’il surprenait aussi dans les coulisses de l’Opéra…

Pause…
Edgar Degas, Mademoiselle Fiocre dans le ballet "La Source", huile sur toile - 1867-1868
Brooklyn Museum, New York

Avec Mlle Fiocre, l’artiste ombre les conventions du portrait : il ne campe la ballerine ni dans une pause de danseuse ni dans une attitude teinté de la mondanité qui avait fait la célébrité aussi de la jeune femme ; rien dans le traitement du fond ne dévoile quelque décor de théâtre - les rochers paraissent si naturels, loin de trompe-l’œil, et aussi « solides » que ceux peint par Gustave Courbet dont l’influence est ici évidente.

Emile Zola, au Salon de 1868 - puis dans L’Evenement Illustré du 9 juin 1868 -, observe, parmi quelques bonnes toiles, les pas d’une danseuse - et la rive -… Elle arrive :

C'est encore une page observée et très fine que celle d'Edgar Degas : Portrait de Mlle E. F... à propos du ballet de la Source. J'aurais préféré intituler ce tableau : Une halte au bord de l'eau. Trois femmes sont groupées sur une rive ; un cheval boit à côté d'elles. La robe du cheval est magnifique, et les toilettes des femmes sont traitées avec une grande délicatesse. Il y a des reflets exquis dans la rivière. En regardant cette peinture, qui est un peu mince et qui a des élégances étranges, je songeais à ces gravures japonaises, si artistiques, dans la simplicité de leurs tons.

Pause…
Eugénie Fiocre d’après Winterhalter

La danseuse devient modèle de l’élégance mondaine aussi sous l’œil du peintre Winterhalter, et Jean-Baptiste Carpeaux encore est séduits par ce corps dévoilé, dont il voudrait saisir le frémissement…

Pause…
Jean-Baptiste Carpeaux, Eugénie Fiocre, buste en plâtre - vers 1869
© RMN (Musée d'Orsay)/Hervé Lewandowski

Un plâtre de 1869, dans la tradition du XVIIIème siècle, rend naturellement, délicatement, le charme, le port, de la jeune femme prise dans un grand drapé, les épaules nues, une rose entre ses seins, la tête petite sur son long cou mince.

Aurélie Dauvin © Corps et Graphies

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