La Danse Corps et Graphies - La Source, "Carnet d'un voyage en Orient" - Acte Ier

Œuvre chorégraphique d'importance présentée à Paris depuis plusieurs années, La Source - ballet fantastique en trois actes et quatre tableaux - est créé le 12 novembre 1866 au Théâtre de l’Opéra de la rue Le Peltier. Librettiste avec Charles Nuitter, archiviste de L’Opéra et amateur de théâtre - qui organisera la Bibliothèque Musée dans le futur Opéra Garnier -, Arthur Saint-Léon signe la chorégraphie, sur une musique "à quatre mains" de Ludwig Minkus, pour les premier et quatrième tableaux, et Léo Delibes, jeune compositeur, mélodiste brillant qui convient admirablement à la danse, pour les second et troisième tableaux. Le trio "de" Coppélia

Voici en cet automne anniversaire, le carnet d'un voyage en Orient ; la première page d'un programme à suivre au printemps, lorsque le gel d'hiver aura libéré le mouvement de la source, puis à l'été, dans la claire lumière qui la colore !

Affiche
Affiche du ballet de La Source - 1866

La loge de l’empereur

Tout près du lac filtre une source,
Entre deux pierres, dans un coin ;
Allègrement l'eau prend sa course
Comme pour s'en aller bien loin.

Théophile Gautier : Emaux et Camés, "La Source" - 1872

En 1866, la France est dirigée par "Napoléon le petit", de plus en plus autoritaire à l'endroit d'un peuple trahi par le coup d'état de décembre 1851, mais entièrement dévoué aux intérêts pécuniaires des Rothschild, des Péreire ou du Duc de Morny, que Victor Hugo - à qui l’on doit le surnom de l’empereur…. - dépeignait ainsi dans l'Histoire d'Un Crime : "C'était un homme ayant les manières du monde et les murs de la roulette, content de lui, spirituel, combinant une certaine libéralité d'idées avec l'acceptation des crimes utiles, trouvant moyen de sourire avec de vilaines dents, menant la vie de plaisir, dissipé, mais concentré, laid, de bonne humeur, féroce, bien mis, intrépide, poussant la littérature jusqu'au vaudeville et la politique jusqu'à la tragédie, viveur, tueur, ayant toute la frivolité conciliable avec l'assassinat, aucune conscience, une élégance irréprochable, infâme et aimable, au besoin parfaitement duc : tel était ce malfaiteur."…

Reflet d'un Second Empire engagé sur la voie de la décadence économique, politique et morale, qui ne vit plus que de l'illusion des succès chèrement acquis en Crimée et lors de la campagne d'Italie, sans prendre la mesure de l'inexorable montée en puissance de la Prusse, L’opéra, le ballet chantent et brillent, à l’image de La Source, fastueux divertissement de l’automne, premier ballet même à être ouvertement soutenu par une entreprise privée, les Cristalleries de Baccarat, qui avaient financé la construction de la fontaine, pièce centrale du décor…

Décor de La Source

La fontaine de cristal - 1866
Bibliothèque-Musée de L’Opéra de Paris

Maquette…
Premiers traits….

Maquette…
Le décor se dessine…

Maquette…
Matières et couleurs…

Le livret pourrait se résumer à une succession de "scènes de genre", propres à distraire les abonnés qui "s’ennuient" dans leur loge, une "récréation" qui ponctue ces soirées interminables d’Opéra - car le ballet n’aura son identité de spectacle proprement entier que beaucoup plus tard -. A grand renforts de beautés orientales court-vêtues et de fééries des Mille et une Nuits…

[Elle] était… La Source

"…"
Les myosotis aux fleurs bleues
Me disent : Ne m'oubliez pas !
Les libellules de leurs queues
M'égratignent dans leurs ébats…

Théophile Gautier : Emaux et Camés, "La Source" - 1872

Le livret d’un conte oriental

Au premier regard, La Source est un ballet typique du XIXème siècle où le romantisme éclate en un orientalisme très en vogue alors, et qui fait le succès des récits de voyage des artistes et scientifiques, et définit le cadre de nombreux ballets, tels que Paquita ou La Péri… Depuis quelques dizaines d’années.

L’argument porte à la scène le mondes des "terrestres", les caucasiens, le Khan et les odalisques, et celui de "l’invisible", de Naïla, des lutins et des nymphes.

Dans le monde des "terrestres", l’ambition, l’enrichissement, l’ascension créent la raison d’être…. Ainsi, les caucasiens revendiquent leur sens de la tribu et de l’honneur ; Mozdok offre sa sœur au Khan en échange de sa protection ; les odalisques sont soucieuses de toujours posséder davantage, et d’obtenir les faveurs du Khan, pour affirmer leur suprématie au sein de leur groupe ; Nouredda sort de sa torpeur lorsqu’elle se voit parée d’étoffes et de bijoux précieux et qu’elle est proclamée favorite du Sérail… Seul Djémil semble vivre en accord avec la nature, mais son attirance aveugle pour Nouredda change radicalement son rapport au monde au fil du ballet.

Le monde de "l’invisible", au contraire, vit et évolue au gré des saisons, en harmonie avec les éléments, le jour et la nuit. Il est mouvant, il respire imperceptiblement, ainsi que les arbres. Les lutins, héritiers de ces farfadets malicieux qui peuplent les mythologies du monde, comme les nymphes, "sœurs" des filles-fleurs de Parsifal, sont comme des caméléons qui se fondent dans la végétation et vivent à l’unisson de la Nature, symbolisée par Naïla, l’esprit de l’eau. Ces êtres - ou plutôt ces esprits - sont dépourvus de toute ambition. Leur existence n’est qu’au présent : ils célèbrent Naïla, leur bienfaitrice ou au contraire pleurent son absence. Avec la mort de celle-ci, c’est leur vie même qui est en péril…

Or, dans le romantisme traditionnel, la nature et ses différents "visages" ont le pouvoir de changer les états d’âmes de l’être humain. Les héros tombent tous sous le charme des sylphides, des péris, des êtres immatériels - et on songe volontiers au "Fantôme d’amour" de René de Châteaubriand dans ses Mémoires d’Outre-tombe adolescentes, ou à quelques pages de Gérard de Nerval… Dans La Source, il en va - étrangement - d’une autre manière : Djémil ne succombe pas à l’apparition surnaturelle et poétique de Naïla, mais il sait profiter des pouvoirs de celle-ci pour assouvir son désir : être aimé de Nouredda et la posséder. Naïla, telle une jeune vierge, est abandonnée aux appétits du Khan, "ogre" friand de jeunes filles, pour rendre possible le dessein du héros, pour qui elle éprouve peu à peu des sentiments humains…

La fée de la source
Myriam Ould Braham, Naïla dans le ballet de La Source
Une fleur merveilleuse sur la scène du Palais Garnier - octobre 2011

La Source

Ballet en trois actes

Acte Premier

Un défilé au milieu de hautes montagnes. Au fond, des flancs d’un rocher, s’échappe le filet argentin d’une source ; autour de la source, des plantes verdoyantes fleurissent ; des lianes grimpantes s’enroulent aux branches des arbres, d’où elles laissent retomber des grappes de fleurs.

Le jour n’est pas encore venu. Les nymphes des bois, les sylphes, enfants de l’air, les lutins, hôtes mystérieux de la terre, se jouent autour de la source et semblent lui rendre hommage. C’est elle qui fait naître ces fleurs fantastiques qui brillent au sommet des rochers ; à son onde transparente le sylphe en bondissant vient mouiller ses lèvres ; dans les entrailles de la terre son murmure égaye le lutin gardien vigilant des mines de rubis et d’émeraudes.

Des papillons de nuit, des insectes aux ailes dispersées voltigent auprès des fleurs endormies. Ils respirent leurs parfums, ils boivent la rosée dans leurs calices.

Des farfadets les poursuivent, arrachant à l’un une aile, à l’autre une antenne, dont ils se parent avec joie.

Le jour vient peu à peu.

Près de la source, au milieu des fleurs, naît un Ephémère : les papillons, les farfadets contemplent avec curiosité ce nouvel hôte de la vallée ; mais, plus rapide qu’eux, un lutin a paru : c’est Zaël, le lutin familier de la source. Il poursuit l’Ephémère, il l’atteint, l’enlace de ses bras et l’embrasse au front. L’Ephémère tombe expirant sous cette caresse.

Le lutin l’abandonne et se sauve avec les farfadets.

Le jour est venu. Les êtres fantastiques disparaissent.

Un mortel approche. C’est un chasseur, Djémil, le plus adroit des enfants de la montagne. Il se désaltère en puisant un peu d’eau de la source dans le creux de sa main.

En même temps que Djémil est arrivé une Bohémienne, Morgab, savante dans l’art des sortilèges. Elle cueille des plantes au suc vénéneux ; elle s’apprête à les jeter dans l’eau de la source afin de la faire servir à quelque charme mystérieux.

Mais Djémil, qui l’observait, lui défend de troubler par ses maléfices la pureté de cette eau. Il lui arrache les herbes qu’elle avait cueillies, les foule aux pieds et lui ordonne de s’éloigner.

La Bohémienne s’incline avec une apparente soumission ; elle dissimule sa colère, et demande à Djémil de lui donner sa main afin qu’elle puisse y lire son destin.

Il y consent. - Morgab semble étonnée du sort que l’avenir réserve à Djémil.

A ce moment on entend un bruit lointain. C’est une caravane qui s’avance. Des voyageurs s’engagent dans le défilé. "Regarde! dit Morgab, tu vois ces gens qui approchent ; c’est une jeune fiancée que l’on conduit à son époux. On ne pourrait rêver à une beauté plus parfaite : tu en seras épris et cet amour causera ton malheur!".

Djémil hausse les épaules. La Bohémienne s’éloigne.

Cependant la caravane s’avance, et Djémil, dont la curiosité est excitée, voudrait voir cette beauté merveilleuse.

Il se cache et observe.

Les voyageurs arrivent.

Nouredda voilée est à cheval, ainsi que son frère Mozdok. Elle est accompagnée d’une suite nombreuse.

Mozdok donne ses ordres pour établir le campement. Des esclaves suspendent aux branches des arbres un hamac où se repose Nouredda. Elle écarte un moment son voile. Djémil l’aperçoit et est ébloui de sa beauté.

Parmi les gens de l’escorte, les uns font un repas frugal, les autres dansent. Nouredda elle-même, prenant une guzla, commence une de ces danses orientales qui, d’abord lentes et tranquilles, s’animent peu à peu.

La Bohémienne reparaît. Elle offre à Nouredda des fruits sauvages cueillis dans la montagne.

Nouredda les accepte et remet son voile. On lève le campement.

Au moment de partir, Nouredda tourne les yeux vers le rocher qui domine la source. Elle aperçoit une fleur d’un éclat merveilleux, d’une forme inconnue. La liane qui la porte prend naissance auprès de la source et s’enroulant aux branches les plus élevées d’un arbre, elle laisse pendre au- dessus du précipice la fleur mystérieuse.

Nouredda est tentée par la beauté et les vives couleurs de la fleur. Elle voudrait la posséder. - Mais comment la cueillir?... il est impossible d’arriver jusque là ; pas un des hommes de l’escorte ne voudrait tenter cette périlleuse entreprise. Ce serait risquer inutilement sa vie.

Djémil a entendu le désir exprimé par Nouredda. Il s’approche. Il s’offre à aller chercher la fleur ; du geste Nouredda y consent.

Il s’élance, grimpe agilement au sommet des rochers. Il atteint la branche autour de laquelle s’enroule la liane ; suspendu au- dessus de l’abîme, il arrive jusqu’à la fleur et la saisit.

Mais la branche cède sous le poids, les lianes auxquelles se retient Djémil se déroulent, se brisent. Il tombe. On le croit perdu.

Bientôt cependant, il reparaît, tenant toujours la fleur précieuse qu’il vient déposer aux pieds de Nouredda.

Nouredda le considère avec étonnement. Elle fait un signe. Djelma, son esclave, ramasse la fleur et la lui présente. Nouredda en respire le parfum ; puis elle dit à Mozdok de payer Djémil.

Mozdok lui jette une bourse. Djémil la repousse.

Que veut-il donc pour sa récompense?

Il voudrait contempler un moment les traits de Nouredda! Il s’approche tremblant, et, entraîné par un ardent désir, il porte la main sur le voile de la jeune fille, il le soulève et l’entrouvre.

Nouredda recule indignée, elle rejette la fleur et se réfugie au milieu de ses femmes.

Mozdok s’élance sur Djémil. Cet outrage d’un obscur paysan ne restera pas impuni. Qu’on l’attache et qu’on l’abandonne dans ce lieu désert.

Djémil est lié étroitement avec les lianes, les osiers flexibles qui croissent près de la source.

Les voyageurs s’éloignent ; avec eux part la Bohémienne, qui a demandé à Nouredda la permission de suivre la caravane. Elle contemple Djémil, et semble vengée.

Tout se tait. Djémil est seul. Effrayé de la mort lente qui l’attend, il essaye en vain de rompre ses liens. Il est dévoré par une soif brûlante et ne peut même pas s’approcher de la source.

Tout à coup, c’est la source qui semble venir à lui. Le filet argentin s’élargit ; il devient une nappe d’eau transparente, derrière laquelle on aperçoit Naïla, la divinité de la source.

A peine l’eau a-t-elle effleuré les lianes qui retiennent Djémil, que ces lianes s’assouplissent.

Naïla fait un geste : les liens tombent d’eux –mêmes.

Djémil est libre!

Naïla vient à lui. Djémil étonné ne sait quelle est la gracieuse apparition qui vient de surgir devant lui, mais Naïla le connaît. Chaque jour, il parcourt la montagne ; tout à l’heure, il a écarté la Bohémienne qui voulait souiller l’eau de la source par un sortilège… Naïla lui en est reconnaissante.

Cependant elle lui reproche d’avoir arraché la fleur que Nouredda désirait et qu’elle a rejetée. Cette fleur est un talisman auquel est lié le sort de Naïla. A ce talisman obéissent tous les êtres fantastiques qui peuplent la vallée.

Djémil ne sait s’il rêve.

Naïla élève la fleur magique avec un geste de commandement. Aussitôt nymphes, sylphes et lutins accourent. Ils s’empressent et dansent autour de Djémil, prêts à exécuter ses ordres.

"Que veux-tu?" lui dit Naïla

"Rejoindre Nouredda, répond Djémil, et être vengé."

"Pars, lui dit Naïla ; ton vœu sera exaucé."

Et donnant le rameau magique à Zaël, son lutin favori, la fée lui ordonne d’accompagner Djémil, de veiller sur lui.

"Va, maintenant, dit-elle à Djémil, va! Les sylphes te serviront d’escorte, et veilleront sur toi. Les lutins de la montagne iront chercher pour toi, dans les entrailles de la terre, les pierreries étincelantes. Moi- même j’apparaîtrai dès que tu m’appelleras. Va! Tu seras riche et puissant, et tu verras la fière Nouredda implorer à genoux ta pitié."

Djémil s’éloigne guidé par Zaël.

Acte Deuxième

Les Jardins du Palais du Khan de Ghendjeh.

On attend Nouredda, la nouvelle favorite, que l’on doit amener au Khan. Plusieurs fois déjà, Ismaïl, le chef des gardes, a fait retentir des appels de trompe ; d’autres appels y ont répondu, mais ce ne sont pas ceux qui doivent annoncer l’arrivée de la belle géorgienne. Sindjar, l’intendant du Khan, vient interroger Ismaïl ; Dadjé et d’autres femmes viennent aussi, curieuses de connaître la nouvelle épouse. Quand va-t-elle venir? On ne sait.

Le Khan parait à son tour. Il s’irrite de ces retards. En vain Dadjé essaye de le distraire ; en vain son fidèle Sindjar lui présente sa pipe bourrée du plus fin latakié, rien ne peut calmer son impatience.

Enfin, le signal convenu retentit au loin. C’est Nouredda qui arrive. Elle paraît bientôt , accompagnée de Mozdok, de ses femmes, de ses serviteurs, et suivie de la Bohémienne Morgab, qu’elle a recueillie en chemin.

Le Khan est ébloui de la beauté de Nouredda. Dadjé, et les autres femmes, la jugent avec moins de bienveillance, et, dans leur jalousie, échangent entre elles quelques critiques sur la beauté de leur rivale.

Mais elles n’en sont pas moins forcées d’obéir aux ordres du Khan, qui leur commande de se prosterner devant la nouvelle favorite et de fêter son arrivée.

Au milieu des danses, des réjouissances qui ont lieu en l’honneur de Nouredda, un nouvel appel de trompe retentit.

On vient annoncer au Khan qu’un étranger demande à être introduit pour le féliciter.

Qu’il entre!

L’étranger paraît. C’est Djémil, le chasseur de la montagne, transformé en un noble seigneur au brillant costume. Auprès de lui se tient un serviteur qui n’est autre que Zaël, le lutin, chargé par la fée de protéger Djémil. Derrière eux sont entrés deux esclaves apportant des coffrets remplis des plus rares présents.

L'étranger vient offrir au Khan son hommage et son tribut. Il ordonne de déposer aux pieds de Nouredda les coffrets, d’où l’on tire de riches colliers, des bijoux magnifiques.

Parmi les perles de diamants Nouredda remarque avec surprise une fleur semblable à celle qu’elle avait désirée en passant auprès de la source. C’est le même éclat! Ce sont les mêmes couleurs.

Elle va pour la prendre… Mais Djémil la saisit avant elle et lui dit qu’il ne peut donner cette fleur.

Elle est plus précieuse que les diamants et les perles. C’est un talisman dont rien n’égale le pouvoir merveilleux. Pour prouver la vérité de ses paroles, Djémil jette la fleur dans un massif de verdure qui s’élève au fond du jardin.

Aussitôt les plantes semblent s’agiter et grandir ; du sein de leur feuillage retombe une nappe d’eau transparente, derrière laquelle apparaît Naïla.

Elle s’élance du milieu des fleurs. Cette apparition a été si rapide que l’on ne sait d’où est venue la jeune femme ; on s’interroge, on l’admire, on s’étonne. Morgab la considère avec défiance, et cherche à deviner qui elle est.

Le Khan, naguère épris de Nouredda, est charmé de la grâce, de la beauté de l’inconnue. Il n’a plus désormais de regards que pour elle.

Il se jette à ses pieds. Il lui dit qu’il l’adore. Qu’elle parle! Elle sera obéie.

L'inconnue accepte les hommages du Khan. Mais elle veut régner seule.

Cette condition est bien vite acceptée. Tout entier à sa nouvelle passion, le Khan renonce à son harem, il distribue ses femmes aux officiers de sa maison. Il renvoie Nouredda.

Il ordonne de porter en triomphe, dans son palais, celle qui doit à l’avenir commander seule dans son harem dépeuplé.

Le frère de Nouredda veut punir l’insulte faite à sa sœur, les gardes du Khan le retiennent.

Pendant ce temps, Nouredda, humiliée, désolée, cherche à cacher sa honte. La Bohémienne Morgab se présente alors à elle. Elle lui offre un asile sous sa tente et lui promet de la venger.

Acte Troisième

Premier tableau

La tente de la Bohémienne. Un rayon de lune pénètre par le haut de cette hourte tartare. Au fond une idole, éclairée par les dernières lueurs du foyer qui s’éteint. Çà et là des instruments magiques.

Morgab entre la première. Elle s’assure qu’il n’y a personne, et fait signe à Nouredda et à Mozdok de venir.

- Où sommes-nous ?

- Chez moi.

- Songe que tu m’as promis de me venger, lui dit Nouredda.

- Oui, celui qui t’a humiliée, je l’amènerai à tes pieds.

Morgab se recueille. Elle paraît absorbée dans une méditation profonde. Cet homme, dit-elle, est protégé par une puissance surnaturelle. Mais moi aussi j’ai mon dieu et mes sortilèges! Ils seront les plus forts!

Morgab attirera l’inconnu dans cette tente. Que Nouredda l’y retienne! Qu’elle le séduise! Qu’elle l’amène à ses genoux! Alors elle le livrera au bras de Mozdok, et le téméraire périra sous les yeux de celle qu’il a offensée.

Morgab s’incline devant l’idole. Elle l’invoque ; et jette dans le foyer une poignée d’herbes magiques. Une fumée bleuâtre s’en dégage et se répand en tourbillons légers, qui reflètent tour à tour des couleurs diverses.

Nouredda effrayée se rapproche de Mozdok. Bientôt on frappe à la porte de la tente. Le sortilège a réussi!

La Bohémienne fait sortir Mozdok par une autre issue. Il va chercher des hommes de sa suite pour les ramener quand il sera temps.

Djémil entre, il observe avec étonnement le lieu où il se trouve et vers lequel il s’est senti entraîné comme malgré lui.

Nouredda alors se présente tout à coup d’un air irrité. Elle s’avance vers Djémil. Que vient-elle faire? De quel droit vient-elle la troubler dans cette retraite après l’avoir outragée?

Mais Djémil à son tour, lui reproche le passé. Il rejette son manteau, et apparaît sous son costume de chasseur.

Morgab, qui est restée dans l’ombre auprès de l’idole, reconnaît Djémil. C’est donc lui qu’une puissance mystérieuse a sauvé !… cette fois il n’échappera pas au sort qui l’attend.

Nouredda aussi a frémi en se retrouvant en présence de Djémil.

Il rappelle à la jeune fille le traitement cruel qu’elle lui a infligé, à lui qui n’avait commis d’autre crime que de la trouver belle.

Cependant Nouredda cache son ressentiment. Elle lève vers le jeune homme ses yeux encore humides de larmes ; la colère de Djémil cède bientôt. Il voudrait en vain lutter contre le charme. Il ne peut que répéter à Nouredda qu’il l’aime toujours. Si elle ne veut pas l’entendre, il partira!

Nouredda le retient. Djémil a tressailli au contact de la main de la jeune fille. Il la regarde. Elle paraît émue! Ah! lui dit-elle, ne te fais pas un jeu de ma tendresse… ne m’abuse pas par un espoir menteur… Si tu me trompais… je me tuerais… Et il saisit son poignard ; mais Nouredda s’en empare et le jette loin de lui. Elle enlève aussi le pistolet que Djémil porte à sa ceinture. La Bohémienne s’approche sans être vue et fait disparaître les armes.

Le foyer à demi consumé jette une lueur rougeâtre.

Bientôt à travers cette lueur il semble que les parois de la tente se déchirent et s’entrouvrent. On aperçoit au milieu d’une lumière bleue la fée de la source, Naïla et son lutin Zaël.

Le lutin montre à Naïla Djémil aux pieds de Nouredda. Il l’aime toujours. Il est ingrat envers celle qui l’a sauvé.

Naïla contemple avec douleur Djémil qui prodigue à Nouredda les plus tendres prières.

Soudain la vision s’efface. Mozdok arrive suivi de ses serviteurs. Il surprend Djémil aux pieds de sa sœur. Il se jette sur lui.

Djémil est seul, sans armes, sans défense. Il va périr!

Mais Naïla ne veut pas qu’il meure. Le Lutin Zaël apparaît tout à coup, tenant à la main la fleur magique.

Tout le monde reste immobile comme sous le pouvoir d’un charme. Djémil, délivré de l’étreinte de ceux qui le retenaient, obéit avec surprise au geste de Zaël ; sans que personne ne l’arrête, il entraîne Nouredda, qui le suit sans résistance, et semble n’avoir pas conscience de ce qui se passe.

Le lutin disparaît.

Aussitôt la Bohémienne, Mozdok et les autres personnages sortent de leur stupeur.

Ils regardent de tous côté, n’aperçoivent plus Djémil ni Nouredda, et se précipitent sur les traces des fugitifs.

Deuxième tableau

Le défilé dans les montagnes. - Les fleurs sont fanées ; l’eau est tarie ; le feuillage est desséché. Des vapeurs sinistres planent sur la vallée.

Naïla est au fond, penchée sur le rocher d’où s’échappe la source ; elle semble accablée de douleur. Elle lève la main, Djémil et Nouredda paraissent. - Du geste Naïla les guide, les domine et les fait tomber endormis. En vain ils veulent résister à cette influence surnaturelle, leurs yeux se ferment.

Tous deux sont en la puissance de Naïla. Elle va se venger, elle appelle.

Le lutin accourt suivi de tous les êtres fantastiques, serviteurs de la fée. Ils s’élancent avec des gestes de menace. Ils vont frapper.

Mais Naïla les arrête. Elle leur ordonne d’épargner Djémil et Nouredda. En vain Zaël l’engage à les punir. Elle commande, tout se disperse.

Elle ordonne à Zaël de faire cesser le sommeil magique de Djémil. Le lutin obéit. Il Touche Djémil et disparaît.

Djémil se retrouve en présence de Naïla. Qu’est-il donc arrivé? Il voit Nouredda inanimée.

Il implore Naïla pour elle.

Naïla irritée se rit de ses prières. Elle lui reproche d’avoir méconnu son amour, de l’avoir sacrifiée à Nouredda! A Nouredda qui ne l’aime pas, qui ne l’aimera jamais!

- Interroge-la, lui dit-elle, et que la vérité s’échappe de ses lèvres.

Nouredda semble se ranimer. Djémil prend sa main et l’appuie sur son cœur : M’aimes-tu? Lui demande-t-elle avec anxiété.

- Non ! Non, lui répond la jeune fille avec un sourire indifférent.

Djémil est désolé.

Tu le vois, lui dit Naïla, son cœur est insensible! Si elle a feint de t’aimer, c’était pour te perdre! Djémil aperçoit alors à la ceinture de Naïla la fleur magique. - Ah! Si tu voulais, lui dit-il, ce talisman irrésistible pourrait faire partager ton amour.

Naïla frémit!

- Ce talisman! Sais-tu ce que tu demandes? Oui! Cette fleur peut exaucer ton vœu. Oui, elle peut faire passer dans ce cœur glacé l’amour que j’ai pour toi et que tu as dédaigné! Mais songes- y bien… cette fleur arrachée par toi à sa tige, c’est le dernier lien qui me rattache à l’existence ; c’est mon âme, c’est ma vie. Si je t’obéis… je meurs!

Et maintenant, à ce prix veux-tu être heureux?

Djémil reste immobile. Il baisse les yeux.

- Le veux-tu? Lui répète la fée ?

Elle le regarde avec anxiété. Elle voit le combat qui se livre en lui, et prenant une résolution subite, elle arrache la fleur de sa ceinture et court la placer sur le cœur de Nouredda.

Nouredda se ranime. Elle se sent transformée. C’est le cœur aimant de la fée qui bat dans sa poitrine. Elle ne sait où elle est. Tout à coup elle aperçoit Djémil et se jette dans ses bras. Elle l’aime!

Naïla contemple son ouvrage. Elle se sent faiblir, mais elle puise un reste de forces dans le sentiment du sacrifice qu’elle vient d’accomplir.

Elle rappelle les hôtes fantastiques de la vallée. Elle ordonne à Zaël de fêter Djémil et Nouredda, de les guider, de les protéger dans leur route.

Par moments ses forces la trahissent. Elle lutte contre les angoisses mortelles qui envahissent tout son être. Elle souffre en voyant Djémil et Nouredda réunis, et cependant elle voudrait retarder leur départ.

Les deux amants montent le sentier qui domine la source.

Les forces de Naïla s’épuisent peu à peu.

Elle finit par tomber auprès de la source desséchée.

Le lutin et les êtres fantastiques qui venaient se jouer auprès de son onde expirent avec elle.

Sur le haut du rocher on voit Djémil et Nouredda qui s’éloignent enlacés en se murmurant à l’oreille de douces paroles.

Dans une galerie… Les pages du programme

Esquisse…
La Source, ballet, P. Lormier – 1866
Bibliothèque-Musée de L’Opéra de Paris

Esquisse…
M. Mérante, P. Lormier – 1866
Bibliothèque-Musée de L’Opéra de Paris

Esquisse…
1er costume… - 1866
Bibliothèque-Musée de L’Opéra

Esquisse…
Mlle. Pallier… - 1866
Bibliothèque-Musée de L’Opéra de Paris

Esquisse…
Diptère… - 1866
Bibliothèque-Musée de L’Opéra de Paris

Esquisse…
Insecte… - 1866
Bibliothèque-Musée de L’Opéra de Paris

La Source

Ballet en trois actes et quatre tableaux
De MM. CH. Nuitter et Saint- Léon
Musique de M. Minkus (1er et 4ème tableaux) et Léo Delibes (2ème et 3ème tableaux)

Représenté, pour la première fois, à Paris, sur le Théâtre Impérial de l’Opéra, le lundi 12 novembre 1866

Paris, Librairie dramatique
10, rue de la Bourse
1866

Décoration des 1er, 2ème et 4ème tableaux
MM. Despléchin et Lavastre
Décoration du 3ème tableau
MM. Rubé et Chaperon

Personnages

Naïla, fée de la Source - Mme Salvioni
Nouredda - E. Fiocre
Morgab, Bohémienne - L. Marquet
Zaël, lutin - Sanlaville
Dadjé, favorite du Khan - Baratte
Djelma, suivante de Nouredda - Aline
Djémil - MM. Mérante
Mozdok, frère de Nouredda - Coralli
Le Khan - Dauty
Sindjar, serviteur du Khan - Cornet
Ismaïl, serviteur du Khan - Pluque

Acte Premier

Introduction fantastique

Zaël
Mlle Sanlaville

Un Ephémère
Mlle Pallier

Deux Papillons
Mlles Mitschler, Travaillé 2ème

Deux Insectes
Mlles Ribet, Gabot

Fleurs
Mlles Gaugain, Vitcoq, Valin, Lavigne, Fatou, Parent 2ème, Lapie, Feuillette

Trois Farfadets
Mlles Desormes, Ridel, Bernay

Insectes
Mlles Lasselin, Jousset 2ème, Solari, Grandjean, Foret, Coquelle, Fléchelle 2ème, Billard 2ème, Ghenia, Coeytaux, Douillard, Josset 2ème, Duhamel, Pamelard, Elluin, Kahn

Caravane
Mlle E. Fiocre
M. Coralli

Circassiens
MM. Montfallet, Lefèvre, Josset, Dharcourt, Rust, Jules, Bertrand, Leroy, Pisarello, Barbier, Galland, Fauget, Munier, Perrot, Desvignes, Gabiot, Salomon

Deux Ecuyers
MM. Mauguin, Leclerc

Suite de Nouredda
Mme Aline
Mmes Letellier, Meurant, Lefèvre, Gueroult, Masson, Gabot 1ère, Leduc, Chevalier, Valier, Malgorne, Bussyn Noëmi, Lebreton, Pallier 2ème, Josset 2ème

Esclaves, Porteurs de bagage

Hommes Armés

Vingt- quatre comparses

Douze porteurs de palanquins

Pas du Hamac

Mmes Stoïkoff, Montaubry, Laurent, Malot, Volter 1ère, Alexandre, Simon, Josset

Pas de la Guzla

Mlle Eugénie Fiocre, M. Coralli

Scène dansée

Mlle Salvioni, M. Mérante

Acte Deuxième

Introduction

Serviteurs du Khan
MM. Rust, Hocquante, Ruault
MM. Josset 2ème, Paulin, Lebel, Josset 3ème, Bussy, Porcheron

Un Sonneur
M. Bion

Pas des Favorites

M. Dauty
Mlle Baratte
Mlles Morando, Rust
Mlles Parent 3ème, Thomasson, Desvignes, Balson, Guillemot

Pas des Voiles

Mlles Morando, Pillate, Bossi, Rust, Volter 2ème, Jousset, Pallier, Billard

Divertissement

Mlle Beaugrand

Final

M. Coralli
MM. Jules, Bertrand, Leroy, Pissarello, Barbier, Galland, Fanget, Munier, Perrot, Desvignes, Gabiot, Salomon
Mmes Valet, Tarlé, Vibon, Moïse, Dauwes, Verne, Marquet, Bussy, Fléchelle, Carlier, François, Subra

Deux Esclaves
Mmes Berlmar, Schmidt

Pas d’Action

Mlle Salvioni
Mlle E. Fiocre
Mmes Baratte, Marquet, Sanlaville, Aline
M. Mérante
MM. Dauty, Coralli, Cornet

Pas des Fleurs

Mlle Salvioni

Acte Troisième

Scène Dansée

Mlle Salvini
Mlle Fiocre, M. Mérante

Pas du Talisman

Mlle Salvioni

Final

Les Lutins, les Farfadets, Les Dryades de l’Introduction fantastique

Du balcon à l’orchestre

"…"
Je broderai de mon écume
Ponts de pierre, quais de granit,
Emportant le steamer qui fume
A l'Océan où tout finit.

Théophile Gautier : Emaux et Camés, "La Source" - 1872

Du ballet original, l’incendie de la salle Lepeltier en octobre 1873 à détruit presque toutes les ressources… De reprises en reconstitutions, en re"créations, La Source jaillit pourtant de sa musique, de saison en saison ; nouveaux "voyages en Orient".

Mlle Grantzov
Adèle Grantzov, "inspiratrice" du rôle de Naïla…

Le ballet fut rapidement repris, dès 1867, avec Adèle Grantzov, initialement prévue pour la création du rôle de Naïla , et qui avait dû se retirer… Arthur Saint-Léon considérait d’ailleurs qu’elle seule avait incarné correctement le personnage de Naïla.

Mlle Sangalli
Rita Sangalli dansera Naïla en 1872, puis en 1875 pour l'inauguration du Palais Garnier…

En 1872, "la Fée" de l’eau était incarnée par Rita Sangalli, et Léo Delibes composa pour elle deux nouvelles variations. La même danseuse apparut "au bord du lac" pour la soirée d’inauguration du Palais Garnier, le 5 janvier 1875. Et puis… Fastueuse production, La Source disparut de la scène parisienne, grandeur tarie ou goutte confondue dans l’immense mer des productions et bientôt oubliée. Une "réécriture" en fut faite par Jean-Guillaume Bart pour l’automne 2011 ; le livret "relu" par Clément Hervieu-Léger, la musique adjointe de quelques pièces de Léo Delibes et réorchestrée par Olivier Dupin, des décor d’Eric Ruf et des costumes de Christian Lacroix…

Rita Sangalli dansera Naïla en 1872, puis en 1875 pour l'inauguration du Palais Garnier…

Mais, perlée de mille reflets, La Source, arrosa autant de figures en différentes versions dans de nombreux pays.

En Russie, sur la scène du théâtre Bolchoï Kamenny de Saint- Pétersbourg, Arthur Saint-Léon fit ainsi fleurir Le Lys, sur la partition de Ludwig Minkus, en 1869 ; une nouvelle production pétersbourgeoise fut donnée, en 1902, au théâtre Mariinsky, sous le titre Ruchei, avec Olga Préobrajenska en Naïla, Maria Petipa - fille de Marius Petipa et Maria Petipa - en Nouredda et Nikolaï Legat en Djémil ; Nikolaï Serguéïev en révisa la chorégraphie en 1916, à l'occasion des adieux à la scène d'Agrippina Vaganova qui dansait Naïla ; pour l'Ecole de danse du Kirov, en 1925, la même Agrippina Vaganova imagina de nouvelles variations et arrangea le ballet avec Vladimir Ponomarev…

En Italie, Cesare Marzagora chorégraphia La Sorgente, d’après Arthur Saint-Léon, en 1876, avec Virginia Zucchi dans le rôle principal ; vingt-cinq ans plus tard, en 1901 , le ballet était repris sur la même scène milanaise où il avait été créé, mais dans une chorégraphie d'Achille Coppini.

En Autriche, à la cour de Vienne, le créateur de l’originale monta Naïla die Quellenfee, en 1878… Les représentations viennoises de la version ainsi intitulée, dans une chorégraphie de Karl Teller, avec Bertha Linda en Naïla intégrait un "Pas des fleurs" initialement composé par Léo Delibes pour une reprise, en 1867, du Corsaire. Le célèbre critique Eduard Hanslick - grand ami de Johannes Brahms, et ennemi juré de Richard Wagner - dénonça, comme la presse française en 1866, le caractère incompréhensible du livret, mais tressa des lauriers au compositeur…

En Hongrie, Un projet de reprise de La Source, en 1881, à l'Opéra de Budapest sous le titre Naïla, a forrás tündére, dans une chorégraphie de Frigyes Campilli, n'a apparemment pas dépassé les répétitions, mais aura été fécond en notes "cristallisées", puisque La Source fit l'objet du premier enregistrement de musique de ballet de l'histoire, à Budapest, en 1906 , avec une gravure sur rouleau de cire de la "Valse" de Naïla.

En Allemagne, en 1964, John Cranko produisit un "Pas de Deux" - La Source,, pour le Ballet de Stuttgart.

En 1951, George Balanchine créa une Waltz from Naïla, un solo pour Maria Tallchief, et le même chorégraphe monta les Pas de Deux and Divertissement, sur quelques pages de Léo Delibes, en 1965, puis un Pas de Deux : La Source, pour Violette Verdy et John Prinz en 1868. Ces deux dernières pièces furent assemblées en 1969 pour une version de La Source par le New York City Ballet.

La musique du Ballet a par ailleurs été parfois "rejouée"… En 1869, la partition de La Source en fragments accompagnait le ballet chorégraphié par Karl Godlewski, inséré dans Rübezhal, opéra inachevé de Weber, reconstitué par Gustav Mahler.

En 1925, une grande partie de la musique de Léo Delibes, réorchestrée par Henri Busser, et grâce au chorégraphe Léo Staats, renaissait "un" soir de Fête, à l'Opéra de Paris.

Aurélie Dauvin © Corps et Graphies

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