La Danse Corps et Graphies - Rencontre avec Lydie Vareilhes

Lydie Vareilhes, danse dans le prestigieux Ballet de l'Opéra National de Paris, où évoluaient jadis ses parents. Avec Marion Barbeau, Ida Viikinkosky, Fanny Gorse, elle fait partie du "quadrille" des Coryphées promues Sujets à l'issue du concours de promotion interne qui se déroulait le 3 novembre dernier.

Sujet du verbe "danser", en Corps et Graphies d'une Rencontre qu'on fit dense, Lydie Vareilhes "interprète" le sujet du concours, et, pointes de confidences, le cours de [[sa] danse…

Par Steve Murez
Lydie Vareilhes
(Photographie : Steve Murez)

Aurélie Dauvin : Ce Concours unique en son genre… A-t-il changé depuis cette saison [dé]passée où Christine Vaussard "monta" Première Danseuse ?

Relisons, voulez-vous, cet article de Jean Gilbert, paru dans Voilà Paris, le 5 décembre 1945 - et qu’il convient toutefois de replacer dans le contexte de la Libération, des procès en épuration et des règlements de compte qui ont suivi la chute du régime de Vichy -.

Christiane Vaussard est nommée Première danseuse

Grand jour à l’Opéra, ce 16 novembre [1945]. Les passants ne sauraient s’en douter. Et pourtant, que d’émotions, que de cœurs battants, que d’espoirs, dans l’illustre Palais Garnier… Et, comme chaque fois, que de désillusions pour finir.

Il semble néanmoins que cet examen annuel du premier corps de ballet du monde se soit déroulé cette année avec le maximum de précautions de la part du jury. Sans doute nos ballerines lui reprocheront-elles d’avoir prolongé jusqu’à trois heures de l’après-midi, sur une scène et dans une salle non chauffées, la redoutable épreuve qui, d’habitude – en juin, donc, sans crainte du froid – s’achève à midi. Mais n’a-t-on pas dit, les autres années, M. Jacques Rouché et Serge Lifar régnant, que tout était décidé d’avance? On ne prétendra pas ça aujourd’hui. M. Maurice Lehmann, nouvel administrateur de la Réunion des Théâtre lyriques nationaux(1), présidait pour la première fois. Autour de lui, neuf personnes avaient pris place. Cette Anglaise en uniforme, dont toute la salle (et il y en avait du monde) se demandait qui elle pouvait bien être, n’était autre que la directrice des ballets du Covent Garden [Ninette de Valois, ndlr.]. M. Aveline, premier maître de ballet, M. Efimoff, premier danseur mime, étaient auprès d’elle. C’est tout pour l’Opéra.

Pas d’étoile, pas de premier ou de première danseuse, favorisant qui bon peut sembler, en barrant systématiquement la route à des espoirs qui s’avéreraient bientôt dangereux. Le temps de Jacques Rouché est révolu.

Seconds ou premiers quadrilles, coryphées, petits et grands sujets, hommes ou femmes, tout le monde a défilé un à un ; et après chaque classe, le jury a longuement, très longuement délibéré, transcrivant des notes sur des cartons, déposant ceux-ci dans une urne, cette urne ouverte aussitôt et le dépouillement effectué sur place. Non, on n’avait encore jamais vu ça à l’Opéra.

Les meilleures furent certainement M. Renault chez les hommes, Mlles Vaussard, Lelièvre, Jhanyne, Krempff, Lauvray parmi les grands sujets ; Lafon, Bourgeois, Nelly Schwarz, parmi les petits sujets ; Parent, Thalia, Amyl, parmi les coryphées ; Quenolle, Serval, Robin dans le premier quadrille ; Bertagnol et Clérambault, dans le second quadrille.

Surprise, et douloureuse pour beaucoup. A la suite de cet examen, l’administration a décidé de mettre certains éléments "hors-cadre" [à la retraite d’office donc, il s’agissait pour l’essentiel de danseurs suspectés – à tort ou à raison – d’avoir manifesté une trop grande sympathie envers les Allemands durant la période 1940 – 1944, ndlr.]. Et cela, dans chaque classe. Euphémisme? Il annonce des carrières interrompues en tous les cas. On le comprend. Un vent souffle sur l’Opéra qui atteindra bientôt l’Opéra-comique. Ici comme là, on pensait trop souvent jusqu’ici que le plus difficile était d’entrer dans le ballet et qu’une fois admise on ramassait purement et simplement une retraite. "Eh bien! Dansez maintenant", déclare M. Lehmann…

Mais quelle joie sur le visage de Mme Vaussard, premier des grands sujets, lorsqu’elle apprit que, gravissant un échelon, elle était nommée première danseuse! Nous l’en félicitons, et c’est avec joie que nous voyons notre ballet devenue plus riche encore en talent.

A. D. : De cette tradition… Voulez-vous, en quelques mots, dire votre sentiment ?

Lydie Vareilhes : C’est une question difficile ;-)…J’ai du mal à avoir un avis définitif sur ce concours, tant je comprends les arguments des pro et des contres. D’une part le respect de la tradition est l’une des valeurs fondamentales de l’Opéra de Paris ; aussi le concours permet à certains danseurs d’être découverts ou redécouverts et enfin il assure une relative justice dans les promotions. D’autre part, il est important de ne pas s’enfermer trop hermétiquement dans la tradition, de rester ouvert sur les possibilités d’alternative, et ce concours reste une épreuve physique et mentale éreintante.

A. D. : …En regard de ce qui se fait dans d’autres grandes compagnies ?

L. V. : Il est difficile de comparer car chaque compagnie a son histoire, sa culture, son effectif, sa direction actuelle… Et j’ai entendu des danseurs d’autres compagnies avoir des avis divergents sur un même système de promotion.

A. D. : Y a-t-il autant "que d’émotions, que de cœurs battants, que d’espoirs, dans l’illustre Palais Garnier… Et, comme chaque fois, que de désillusions pour finir." ?

L. V. : Il semble en effet que cette épreuve a de tous temps fait éprouver de fortes émotions aux participants ! Et pour cause, c’est beaucoup de travail fournit chaque année pour quelques minutes sur scène, et une éventuelle évolution professionnelle.

A. D. : Comment le jury a-t-il évolué dans sa composition ??

L. V. : Le jury, aujourd'hui, est composé du directeur de l’Opéra, du directeur de la danse, d'un maître de ballet/répétiteur de l’Opéra - choisi par la direction de la danse -, de deux personnalités de la danse, extérieures à l’Opéra, ou retraitées - choisies par la direction de la danse -, de cinq danseurs du Ballet - élus par les danseurs -.

A. D. : …De l’équité ?

L. V. : Il me semble que dans l’ensemble les résultats se révèlent être justes, mais la danse reste un art subjectif donc il est normal qu’ils ne fassent pas l’unanimité. Et il faut garder à l’esprit que c’est un concours et non un examen, donc si une année il y a 3 merveilleuses danseuses et seulement 2 places, il y en aura forcément une qui mérite mais ne monte pas.

A. D. : …De la conservation de ce concours ?

L. V. : Il a été question de supprimer ce concours, mais c’est une idée toute récente, les danseurs ressentent le besoin d’y réfléchir et de savoir quelle pourrait être l’alternative possible.

A. D. : "Tout le monde a défilé un à un", et d’abord pour la variation imposée, cette variation "Pizzicati" de Raymonda, de Rudolf Noureev.
Dans quelle mesure est-elle "difficile" techniquement ?

L. V. : Bien sûr il y a ces fameux tours finis en 4e sur pointes ! Mais pas seulement, il y a beaucoup de travail à faire sur les descentes de pointes, la précision, le travail de bas de jambes, les sautés sur pointes qui arrivent à la fin de la variation sur la même jambe que les pirouettes…

A. D. : Artistiquement, qu’en dire ?

L. V. : Artistiquement ce qui a été un enjeu pour moi était de garder la régularité des mouvements sans que la répétition des pas ne devienne ennuyeuse pour le public, et bien sûr le style de Noureev tout en opposition, qui n’est pas évident. Au niveau de la psychologie, Raymonda est un personnage féminin plus intéressant qu'on ne le pense, une princesse qui possède des fantasmes, interdits par les moeurs de son rang social et de son époque.

A. D. : Que doit "montrer", d'après vous, une Coryphée pour "monter" Sujet au regard de ce choix de variation imposée ?

L. V. : Il me semble que chaque danseuse a des choses différentes à montrer en fonction de ses qualités, de son expérience, de son âge, de son parcours…

Néanmoins, le poste de Sujet requiert une certaine assurance et maturité, ainsi qu’une technique domptée.

Variation
Photographie : Isabelle Aubert

A. D. : Vous avez interprété la variation de la Danseuse en vert, extraite de la pièce de Jerome Robbins, Dances at a Gathering.
Comment et…. Pourquoi ce choix ?

L. V. : J’ai toujours adoré cette variation ! La musique tout d’abord, tellement enivrante et à la fois très précise, qu’elle vous donne envie de danser ! Pourtant quand je l’ai choisie, quelques personnes ne comprenaient pas mon choix car ils estimaient "qu’il n’y a rien dans cette variation", mais je ne suis pas d’accord !! Je trouve au contraire que le peu de technique vous oblige à rendre chaque mouvement vraiment intéressant et musical, et il faut arriver à transporter le public dans votre monde. C’est beaucoup de recherche personnelle.

Aussi le personnage de cette danseuse âgée qui se rappelle de sa carrière m’attirait, car il s’agit d’un rôle de composition, et plus j’avance, plus j’ai envie d’interpréter…

J’ai eu la chance et le plaisir de travailler avec Claude de Vulpian pour ce concours, qui a su me guider et me donner de précieux conseils !Elle a elle-même travaillée cette variation avec Jérôme Robbins et m'a transmis cette expérience avec beaucoup de générosité.

A. D. : A la barre…
Les générations de danseurs se suivent à l'Opéra ; le talent est un don "en héritage" parfois… Danseuse dans le Ballet, comme votre mère, Claire Vareilhes, vous rejoignez ainsi votre père, Guy Vareilhes au rang des Sujets du Ballet de l'Opéra de Paris…

L. V. : Mes parents ont en effet été tous les deux à l’Opéra de Paris, où ils s’y sont rencontrés.

Ils ont connu la période Noureev et je sais qu’ils ont tous les deux eu une carrière heureuse et épanouissante au sein du Ballet de l’Opéra de Paris. Les artistes et personnalités qu’ils y ont rencontrés leur laissent des souvenirs et des anecdotes impérissables et les opportunités qu’ils ont eues, les ont comblé

.

A. D. : Ainsi, vous danser dans les pas de vos parents : qu'est-ce qui vous a amenée à la danse ?

L. V. : Mes parents m’ont raconté que lorsqu’ils m’emmenaient voir un spectacle de danse à deux ans déjà, je dansais dans la salle pendant le spectacle puis toute la soirée ensuite. J’ai réclamé à ma mère de faire de la danse et elle m’a donc emmenée dans son cours, pensant que ce serait une activité parascolaire comme une autre.

A. D. : Vous entrez à l'Ecole de Danse de l'Opéra de Paris et passez de divisions en divisions. Quel souvenir de vos premiers pas et de cette Ecole ?

L. V. : Je n’avais pas vraiment conscience de ce qu’il se passait, je voulais être danseuse bien sûr, mais de façon abstraite puisque je n’avais que 9 ans. Mes parents n’ayant pas fait toute l’Ecole de Danse eux-mêmes, ils connaissaient la difficulté de rentrer à l’Opéra hors de cette voie traditionnelle et ils ont souhaité me donner les meilleures chances de réussir. Mais comme j’étais encore une petite fille, ma mère m’a présentée cette école comme un endroit où l’on pouvait danser tous les jours … ;-)

Quand je suis arrivée j’ai pris conscience que c’était bien plus que ça, mais bizarrement ce qui m’a le plus plu furent les cours complémentaires, à savoir le mime avec Yasmine Piletta et les cours de M.Scott ! C’étaient les moments de la semaine où l’on pouvait laisser parler sa créativité et sa personnalité.

Parmi les professeurs classiques les plus marquants, je pense à Madame Cavallin qui m’a donné des bases solides et le placement de l’école française et plus tard à Madame Zumbo qui m’a beaucoup aidé pour la technique de batterie et de pirouettes.

Mon souvenir de l’Ecole n’est pas mauvais, dans le sens où j’ai toujours eu des amis et jamais de gros problèmes avec les professeurs, mais comme il correspond à la période d’adolescence, j’en garde une saveur triste car c’est une période de développement compliquée, pour n’importe qui mais d’autant plus dans un contexte où vous devez correspondre à un format physique et de pensée commune. Pas facile dans ces conditions de trouver son identité !

A. D. : Au milieu…
Fut-il difficile ou non de porter le nom Vareilhes ?

L. V. : J’en étais assez gênée à l’Ecole de Danse, pourtant je pense que les professeurs ne me prêtaient pas de jugement particulier. Ils m’ont toujours traitée justement, comme les autres.

Plus tard, dans le corps de ballet, ça s’est estompé car les nouvelles générations ne les connaissaient pas. Et récemment mon père m’a raconté avec fierté, qu’on lui avait demandé de par son nom s’il était mon père .. !

A. D. : Justement, diriez-vous quelques mots de votre entrée dans le Corps de Ballet ?

L. V. : J’ai eu deux sortes d’entrée dans le corps de ballet, car j’ai passé 2 ans surnuméraire. A ce moment là, forcément on ne se sent pas vraiment faire parti de la compagnie, mais c’est un immense soulagement de commencer à travailler de façon professionnelle, ce pour quoi vous avez passé autant d’années à l’Ecole de Danse

J’ai une grande reconnaissance pour Jean-Guillaume Bart, qui m’a profondément aidée avec la construction de mon travail et la façon d’aborder le mouvement, ainsi que pour Muriel Zusperreguy qui m'a supportée dès le début.

Puis deux ans plus tard, je suis rentrée définitivement dans la compagnie, avec une autre variation de Raymonda ! Quel bonheur, et surtout n’étant pas rentrée tout de suite, j’avais la pleine conscience de ce que cela représentait !

A. D. : Ah, ainsi, Raymonda vous accompagne depuis vos "débuts" !

Et de l'accueil du Corps de Ballet ?

L. V. : Etant assez introvertie de nature, j’ai mis du temps à me sentir à l’aise dans la compagnie, mais j’ai toujours eu des gens bienveillants autour de moi et qui m’ont aidée.

A. D. : En scène…
En montant Coryphée, vous avez eu de nouvelles opportunités de rôles… Lesquels vous ont marqués, pourquoi ?

L. V. : Avant les rôles, ce qui me vient en tout premier à l’esprit ce sont les rencontres et le travail avec des grands chorégraphes ou danseurs.

Pas./Parts
Lydie Vareilhes in Pas./Parts - chorégraphie de William Forsythe
(Photographie : Julien Benhamou)

William Forsythe tout d’abord qui reste un maître absolu de la danse, quelle plaisir de pouvoir travailler avec lui. Au delà de ses fantastiques chorégraphies il est fascinant de par ses idées, ses convictions, son incroyable façon de se mouvoir, son aura, …J’ai eu la chance de danser dans In the middle et Pas./Parts qui restent parmi mes plus beaux souvenirs sur la scène de l’Opéra !

André Auria
Lydie Vareilhes et Mathias Heymann in André Auria - chorégraphie d’Edouard Lock
(Photographies : Agathe Poupeney)

André Auria
Lydie Vareilhes in André Auria - chorégraphie d’Edouard Lock
(Photographies : Agathe Poupeney)

Un autre souvenir mémorable fut de danser André Auria d’Edouard Lock. Là encore il s’agit d’une rencontre artistique merveilleuse qui m’a permis de voir la danse et les danseurs sous un autre jour.

J’ai eu également une joie immense à travailler avec Ana Laguna, Jiri Kylian et plus récemment Anne Teresa de Keersmaeker.

En ce moment, j’ai la chance de travailler avec le formidable Christopher Wheeldon sur son ballet Polyphonia, j’aime beaucoup sa précision et sa générosité !

Aurélien Azan Zielinski
Lydie Vareilhes en Chatte Blanche Mistigri, in Tchaïkovsky : Récit du Royaume des Songes - Chorégraphie de Josua Hoffalt
(Photographie : Isabelle Aubert)

Sinon dans un registre plus classique, je garde un très bon souvenir de la Chatte Blanche dans la Belle au Bois Dormant, et que j'ai eu le plaisir de réinterpréter dans le superbe spectacle Tchaikovsky, Récits du Royaume des Songes de Josua Hoffalt.

A. D. : Vous dansez parfois loin de l’Opéra, avec quelque formation artistique, à l’occasion de galas…

L. V. : Je travaille avec le groupe 3e étage, dirigé par Samuel Murez, qui regroupe plusieurs danseurs et solistes de l’opéra de paris et se produit indépendamment de la grande institution.

Le travail avec ce groupe a joué un rôle très important dans mon développement en tant qu’artiste. Dès mon entrée dans le corps de ballet, j’y ai abordé le contemporain et la création alors que c’était encore impossible à mon âge au sein de l’Opéra, et j’y ai appris énormément. Samuel aide chacun des danseurs à développer sa personnalité et la qualité de ses mouvements, ce qui complète la recherche de technique quotidienne que l’on travaille au cours.

Les galas m’ont également permis d’aborder la scène en tant que soliste dans des rôles classiques et contemporains. Mon plus beau souvenir reste la création de la Chaconne chorégraphiée par Samuel Murez, qui expose la rupture d’un couple dans un pas de deux passionnel et violent.

Au-delà de ça, j’ai un grand plaisir à travailler avec Samuel, car c’est quelqu’un de très généreux mais surtout, j’ai une profonde admiration pour ses œuvres et sa vision de la danse. Je pense qu’il fait parti des grands chorégraphes actuels même si sa notoriété est encore en plein développement.

Prosses of Intricacy
Lydie Vareilhes et François Alu in Prosses of Intricacy - chorégraphie de Samuel Murez
(Photographie : Jean-François Quais)

A. D. : Quels sont vos espoirs, vos vœux de Sujet ?

L. V. : J’espère vraiment que monter sujet me permettra d’accéder à plus de rôles et de rencontrer le plus possible de chorégraphes intéressants. Je rêve de travailler avec Sidi Larbi Cherkaoui, Cristal Pyte, Idan Sharabi, Wim Vandekeybus et sa danseuse Elena Fokina, Twyla Tharp, Alexander Ekman, Nacho Duato, Mats Ek…

J’espère vraiment que ces chorégraphes viendront dans les saisons futures à l’Opéra de Paris !

Au-delà de ça je vais continuer à travailler de la même façon, en essayant de découvrir de nouvelles choses chaque jour

.

A. D. : La danse évolue ; le Ballet de l’Opéra de Paris évolue ; sa direction elle-même…

L. V. : Benjamin Millepied a souhaité apporter beaucoup plus d’encadrement au niveau de la santé ce qui est une excellente chose !

Il y a également une réelle volonté d’ouverture vers de nouveaux publics au travers de soirées hybrides et de projets hors de la scène traditionnelle, ce qui je l’espère interpellera de nouvelles générations de spectateurs.

Il y aura également cette saison et dans les saisons futures, des chorégraphes qui viendront pour la première fois à l’Opéra de paris, ce qui est très excitant pour les danseurs !

A. D. : - La nouvelle danse classique… Que devient le répertoire ? Le classique a-t-il un avenir ?

L. V. : Il est très difficile de définir ce qui fait aujourd'hui qu'un ballet est classique ou contemporain. Pour certains il s’agit des pointes, pour d’autres du collant, d’une esthétique, d’une musique, d’une époque, d’une technique, d’une façon d’aborder le mouvement…

Je trouve personnellement trop difficile et malsain de catégoriser la danse.

A. D. : En Coulisse…
Et quand vous n’êtes pas sous les feux de la rampe… Qui êtes-vous, que faites-vous ?

L. V. : Evidemment le socle privé est très important pour un artiste : mon copain, ma famille, mes amis sont fondamentaux à mon épanouissement et mon équilibre.

Pour me détendre j’aime beaucoup lire du théâtre ou aller voir des pièces de théâtre.

J’adore la danse, mais j’ai toujours eu et j’ai encore beaucoup d’autres envies : travailler avec des enfants, apprendre la musique et le montage vidéo, chorégraphier…

Par ailleurs, je suis de plus en plus attirée par l’interprétation et le texte et je serais très intéressée de travailler dans des projets au théâtre ou au cinéma.

Je suis également très intéressée par l’administration et la production de spectacle, car j’aime savoir ce qui se passe en amont d’un spectacle et derrière la scène.

Merci à Lydie Vareilhes pour cet échange autour d'une tradition, du "contemporain" et de "danser" conjugué au futur de belles espérences !

Est-ce parce qu'il lui plairait de "travailler avec des enfants" ? - Lydie Vareilhes a aussi gentiment répondu à la petite Marie lors d'une Rencontres [au] foyer de la danse - [au] Sujet du Ballet de l'Opéra de Paris -.

1. entité administrative qui regroupait alors l’Opéra et l’Opéra-comique.

Aurélie Dauvin © Corps et Graphies

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