La Danse Corps et Graphies - Rencontre avec Jean-Lucien Massot

Pour l’une de ses dernières tournées en tant que danseur avec le Ballet Royal du Danemark, Jean-Lucien Massot vient à l’Opéra de Paris et… Revient aux sources : né en Avignon, il a évolué sur les scènes de Berlin, puis de Copenhague, où il a suivi Peter Schauffuss. Familier donc du style Bournonville, Maître d’une Ecole Française oublié et exilée en Scandinavie, le danseur étoile, revient sur sa carrière lors d’une rencontre en toute sincérité.

Duo
Alba Victoria Nadal, Anita, et Jean-Lucien Massot, Bernardo,
dans West Site Story Suite - Chorégraphie de Jerome Robbins - en Novembre 2011
(Photographie : David Amzallag)

Aurélie Dauvin : Comment un jeune garçon avignonnais devient-il un danseur soliste berlinois ?

Jean-Lucien Massot : Je crois, peut-être grâce à de l'ambition, du travail, de l'écoute, de la persévérance, des pleurs, des rires, un but, une passion, une maman qui est là dans les moments durs mais surtout d'avoir eu la chance de me trouver sur le chemin de mon Professeur Madame Nicole Calisse-Petracchi.

A. D. : Vos débuts en danse…

J.-L. M. : Longue histoire, pas commune, je crois.

Étant jeune, ma sœur faisait de la danse et souvent, en allant la chercher avec ma maman, les professeurs me demandaient si j'étais intéressé d'en faire. A cette époque je faisais depuis plusieurs années du judo et je ne me voyais et ne voulais surtout pas faire de la danse. La danse était pour les filles et je ferai du judo ou du foot comme tant d'autres petits garçons peuvent le penser !!!

Tout jeune, jusqu'à l'âge de dix ans environ, j'avais les pieds plats, portais des semelles orthopédiques mais malheureusement cela ne s'arrangeait pas et ça s'aggravait plutôt. Cela commençait à me créer des problèmes dans le dos. J'avais besoin de semelles bien plus sophistiquées et je ne voulais tout simplement plus en mettre. Le docteur qui suivait notre famille eut l'idée que la danse pourrait m'aider à muscler mes pieds et rétablir mon dos. Il me mit un ultimatum : les semelles ou la danse !

J'en conclus donc que oui ce serait la danse mais je continuerais le judo. Au bout de six mois j'abandonnais le judo et continuais la danse.

Je suis donc entré au conservatoire d'Avignon à l’âge de dix ans, il me semble, et j’y ai fait mes classes de 1982 à 1989, sous la Direction de Madame Nicole Calise-Petracchi. J'ai pu y suivre une formation complète : Classique, Jazz, Contemporaine, Musique et Histoire de l'Art, puis ensuite en horaires aménagés avec le collège, à l'époque, seul l'Opéra de Paris et le Conservatoire d'Avignon avait ce statut.

J'ai eu comme professeurs classique Mme. Calise-Petracchi bien entendu à qui je dois pratiquement tout, Mme. Belmas, Mme. Vara, M. Escoffier, en Jazz M. Boyer, Mme. Talbot en Contemporain.

A. D. : Des pas qui vous ont mené à Berlin…

J.-L. M. : En 1989 avant mes dix-sept ans Mme Calise-Petracchi m'envoya passer l'audition à Berlin au Deutsche Oper Berlin sous la direction de Gert Reinholm, je me rappelle avoir pris les cours avec la Compagnie, puis aussitôt après il me proposa un contrat de stagiaire car je n'avais pas encore l'âge d'être dans le Corps de Ballet. Je crois que mon contrat commença en juillet ou août 1989.

A l'époque cette compagnie qui se trouvait à Berlin-Ouest, et oui j'ai connu la chute du mur et participé, après être allé acheter un marteau et un burin, à casser ce mur honteux. Un superbe souvenir historique.

Que de très bons souvenirs à Berlin, la première année je ne vais pas vous mentir en vous disant qu'elle n'a pas été si facile que ça. A dix-sept ans, avoir quitté le sud de la France pour me retrouver sans ma famille, en Allemagne sans pouvoir dire un mot d'anglais ou d'allemand, entrer dans la vie active n'est pas des plus évidents mais j'avais un très bon groupe d'amis.

Et puis Berlin c'est la fin de mon adolescence de dix-sept à vingt-deux ans où tout semble possible, la découverte de la vie, et la vie à Berlin est plutôt "sympa".

A. D. : En scène ?

J.-L. M. : Donc je disais qu'à l'époque la Compagnie était formée d'environ soixante ou soixante-dix danseurs de toutes nationalités confondues, avec quatre-vingt spectacles dans une saison. Un répertoire fantastique, Grands Classiques, Balanchine, Neumeier, MacMillan, Roland Petit, puis un peu plus moderne avec Kylian, Béjart, Bill T. Jones, Van Manen, Bruce, Limon, Petronio… enfin ce que je recherchais et ce dans quoi j'allais pouvoir m'épanouir en tant que jeune danseur.

J'ai eu la chance à Berlin de travailler avec Kenneth MacMillan, Maurice Béjart et Roland Petit.

Le premier ballet que j'ai dansé à Berlin fut un des 4 soldats dans Les Intermittences du Cœur de Roland Petit.

Duo
Jean Lucien Massot et Alexei Ratmansky dans L'Odyssée - Chorégraphie de John Neumeier
(Photographie : Martin Mydtskov Roenne)

A. D. : La rencontre avec Peter Schauffuss fut déterminante…

J.-L. M. : Peter Schauffuss, voila encore une personne à qui je dois beaucoup. Il fut nommé comme Directeur à Berlin après ma première saison. Jeune, il faisait parti de mes idoles : Schauffuss, Baryschnikov, Bujones, Legris. Vous pouvez vous imaginer quel œil je portais sur lui lorsqu'il était là, ou donnait la classe ou suivait les répétitions, car il dansait encore tout en étant Directeur.

Un danseur qui ne se laissait rien passer, un acharné du travail, intransigeant lorsqu'il travaillait, encore quelqu'un qui a su me pousser au delà de mes limites. Quelqu'un que je remercie, car il a su me faire confiance en me donnant des rôles importants, ce dont je rêvais.

Dès sa première année il me confia le premier mouvement dans Symphonie en C de Balanchine en tant que demi-soliste, puis une variation dans le pas de sept de Folk Tale de Bournonville ainsi que dans le pas de huit dans son Giselle et, bien sûr, un pas de deux de vingt minutes dans le chef d'œuvre de quatre heures, Ring und den Ring de Maurice Béjart. Un immense souvenir me vient à l'esprit dès que j'y pense, celui d'avoir eu la chance de travailler avec Maurice Béjart pendant plusieurs jours sur ce pas de deux.

Plus tard il me confia Apollon Musagète et Sérénade de Balanchine, le Chef dans Le Sacre du Printemps et un partisan dans L'Oiseau de Feu de Maurice Béjart, le prince dans Giselle, celui de La Belle au Bois Dormant, et de Casse-noisette ou le pas de deux de Twilight de Hans Van Manen, puis le prince du Lac des Cygnes qu'il créa pour moi, ainsi que d'autres rôles.

A sa deuxième saison il me nomma demi-soliste, à sa troisième, soliste et c'est lors de sa quatrième saison qu'il fut nommé Directeur pour la saison suivante à Copenhague. Un jour, peu de temps avant la Première du Lac des Cygnes, en octobre ou novembre, il me convoqua dans son bureau en me demandant si j'étais intéressé pour le suivre à Copenhague en tant que soliste principal la saison d'après.

A l'époque il était déjà question de réunifier les trois Compagnies de Berlin en une, le Deutsche Oper, le Komische ainsi que le Staatsoper. Les budgets commençaient à diminuer de plus en plus, des réductions du nombre des spectacles ainsi que tout doucement des coupures de contrats… Et le public s'éparpillait un peu partout…

Ma décision fut prise rapidement.

Je me retrouvai à vingt-deux ans soliste principal au Ballet Royal du Danemark sous la direction de quelqu'un qui me faisait danser, je me demande pourquoi j'aurais refusé une opportunité si rare, même si j'avais du mal à y croire.

A. D. : Quels ont été vos premiers "regards" sur la compagnie du Ballet Royal du Danemark ?

J.-L. M. : Dés mon arrivée à Copenhague je vis une superbe Compagnie avec une histoire et une tradition si forte qu'elle en était presque palpable. Une Grande Maison avec un superbe répertoire, beaucoup de spectacles, un très beau niveau et je pris rapidement conscience que presque tout était à recommencer. Je devais refaire mes preuves sur scène, devant une compagnie qui me voyait arriver comme principal et qui n’avait aucune idée de ce que j'avais fait auparavant ni de la manière dont j'avais gravi les échelons.

A l'époque il n'y avait pas autant d'étrangers que maintenant dans la Compagnie. Je sais très bien que derrière les sourires de certains se cachait un accueil qui n’était pas des plus chaleureux.

Répétition
Le Songe d'Une Nuit d'Eté… Répétition en salle en février 2010
John Neumeier, le chorégraphe, Alina Cojocaru, Jean-Lucien Massot
(Photographie : David Amzallag)

Je pense que tout aurait été diffèrent si j'étais arrivé comme danseur dans le Corps de Ballet, mais Danseur principal cela était plutôt mal perçu dans bien des domaines. Mais je ne juge personne et ils avaient certainement raison.

Maintenant les choses sont bien différentes, je pense que les gens sont bien plus ouverts aux étrangers.

A. D. : Et de ce style, de cette identité ?

J.-L. M. : Comme je vous ai dit plus tôt, j'ai rapidement compris que pas mal de choses étaient à refaire mais surtout qu'il fallait que j'apprenne un style tout nouveau : Bournonville. Et oui pendant quatre ans je crois, une fois par semaine : cours de rattrapage pour apprendre le style, ses exercices, sa rigueur qui, une fois maîtrisée, se transforme en fluidité.

A. D. : Comment définiriez-vous le "style Bournonville" ?

J.-L. M. : Je pense que Bournonville en tant que chorégraphe a su mettre en valeur la technique de l'homme au même titre que celle de la femme dans l'époque du romantisme où la danseuse avait une place majeure.

Il a vraiment contribué au développement de la technique masculine. D'ailleurs des danseurs comme Bruhn, Luders, Schauffuss, Martins ou bien Hübbe, Kobborg ont été ou sont encore mondialement connus pour leur technique Bournonville.

Je pense que c'est un style qui, au premier regard, montre une fluidité et une facilité dans l'exécution du mouvement.

Le haut du corps reste humble, très peu de bras, beaucoup d'épaulements et de ports de tête lorsque les pieds et les jambes s'activent dans de petites batteries. Ce sont aussi des sauts qui voyagent en utilisant le moins d'appel possible. Voici ce qui en fait un style très difficile à exécuter et surtout à maîtriser.

Le style Bournonville ne s'arrête pas juste à une technique mais il est aussi connu pour l'art de l'expression gestuelle, la pantomime.

A. D. : Qui ont été vos maîtres dans cet apprentissage et quels rôles vous ont forgé ?

J.-L. M. : Frank Andersen, Dinna Bjorn, Johnny Eliasen, pour n'en citer que quelques-uns, m'ont beaucoup aidé dans ce style. Mais j'ai aussi beaucoup regardé et étudié la manière dont mes collègues danois, comme Johan Kobborg ou Mads Blangstrup, abordaient ou dansaient tel ou tel rôle.

Le premier ballet de Bournonville que j'ai dansé au Danemark était Le Conservatoire : il y avait en répétitions, Dinna Bjorn, Johnny Eliasen mais aussi des personnes mémorables comme Kirsten Ralov ou Niels Bjorn Larsen.

Le Conservatoire, bien sûr, mais aussi Napoli ou La Ventana, sont des rôles qui m'ont beaucoup aidé dans cette technique.

A. D. : Quelle portée demeure de ce style particulier au-delà d’une tradition bien ancrée au Danemark ?

J.-L. M. : Le public danois aime particulièrement les ballets de Bournonville, ils en voient pratiquement au moins un, sinon deux par an.

La technique Bournonville fait partie des plus pures techniques classiques. En l'incorporant dans un travail, classe, répertoire, sans faire du n'importe quoi, celle-ci ne peux qu'enrichir un danseur.

Un rôle…
Yao Wei, Tatiana,Jean-Lucien Massot , Onegin
dans Onegin - Chorégraphie de John Cranko - en avril 2008
(Photographie : David Amzallag)

Tout à l'heure je parlais de la pantomime dans le style Bournonville, et personnellement celle-ci m'a beaucoup aidé pour me sentir à l'aise dans des ballets comme Onegin, Manon Lescault ou même Giselle qui demandent à un danseur une maturité et une approche délicate de ces rôles.

A. D. : Que pensez-vous de ce que les ballettomanes apprécient de Bournonville ?

J.-L. M. : C'est une question à laquelle il est difficile de répondre car je ne suis pas dans leur peau mais je pense qu'ils apprécient de voir une Sylphide ou un Napoli de temps en temps, peut-être car ils connaissent l'histoire qui est autour de ces ballets. Ils peuvent apprécier et comparer telle ou telle interprétation, de distributions différentes et de productions variées. Ces ballets font partie de la culture de la danse classique. Personnellement j'apprécie, s’il est bien dansé, aussi bien un ballet de Kylian, Mats Ek, Balanchine, Petipa qu’un ballet de Inger ou de Naharin.

A. D. : Auguste Bournonville était de père français, la France semble l’oublier…

J.-L. M. : Oui, Auguste Bournonville est né d'un père français et d'une mère suédoise. Son père, Antoine, fut danseur et Directeur du Ballet Royal du Danemark, il avait étudié la danse avec Noverre. Antoine commence à lui enseigner la danse puis Auguste part pendant 6 ans à Paris pour travailler avec Vestris et Gardel (on ne peut pas mieux faire à l'époque comme pure école française : Noverre, Vestris, Gardel ). En tant que danseur, chorégraphe et Directeur au Danemark, Auguste Bournonville donne un style si bien connu de nos jours au ballet danois. Par exemple, la diagonale de "brisés" Télémaque qui se trouve dans la variation de La Sylphide au premier acte, ne trouve son origine que dans la pure école française. Ce style est trop peu présenté au public français ou enseigné dans les conservatoires de nos jours en France.

Certains me diront peut-être que la danse évolue et qu'il fait tout simplement partie d'un passé bien poussiéreux. Heureusement qu'elle évolue mais on ne va tout de même pas fermer Le Louvre car ses toiles ont été vues et revues ou qu'elles ne sont plus d'actualité et de ce fait, mettre Le Radeau de La Méduse dans un sombre placard ?

Dommage car le sucré-salé se marient si bien ensemble. Et une programmation dans une saison où du Cherkaoui et Bournonville sont proposés n'a jamais tué personne.

A. D. : Vous danserez Napoli à Paris dans une toute nouvelle production. Comment avez-vous vu évoluer le ballet ?

J.-L. M. : La dernière fois que la compagnie est venue danser à l'Opéra de Paris j'ai dansé Gennaro, cette fois-ci je danserai Golfo dans le deuxième acte, pour la Première, le troisième et le cinquième spectacle.

Duo
Gitte Lindstroem, Teresina, Jean-Lucien Massot, Golfo,
dans l'acte II de Napoli
- Chorégraphié en 2009 par Nikolaj Hübbe et Sorella Englund
(Photographie : David Amzallag)

Nikolaj a crée ce rôle pour moi il y a deux ans. Les critiques danoises, pour la Première, et américaines, lorsque nous sommes allés en tournée cet été, l'ont énormément apprécié ainsi que le public. Personnellement je préfère cet acte à l'ancien, Golfo est mis en valeur, plus démoniaque, intrigant, plus "Challenging" au niveau danse.

A. D. : Comment faire exister la tradition sans dénaturer le ballet ?

J.-L. M. : Vous savez cela fait très longtemps que les grands opéras de Wagner, Mozart, Puccini par exemple, sont sans arrêt revisités par de nouveaux metteurs en scène, décorateurs, costumiers, on change constamment d'époque. Wagner a bien été mis en scène dans un vaisseau spatial au grand festival de Bayreuth. Et Mats Ek a fait un superbe Giselle en le revisitant. L'art n'a pas de limite, il suffit juste de le respecter.

Je pense que Nikolaj connaît et respecte assez le style Bournonville pour ne pas le dénaturer. Il a situé le ballet dans un Naples des années 50, assez chaotique, où la corruption est monnaie courante. Les pas restent les mêmes, le style est toujours là. Un nouveau pas de deux dans le premier et troisième acte pour Gennaro et Teresina, toujours en respectant le style Bournonville. Le deuxième acte est complètement nouveau, ainsi que la musique, mais il en était de même pour l'ancien.

A. D. : Quels chorégraphes ont par ailleurs marqué votre carrière et dessiné votre "caractère" ?

Duo
Gudrun Bojesen et Jean-Lucien Massot dans Piano Concerto - Chorégraphie de George Balanchine
(Photographie : Henrik Stenberg)

Duo
Jodie Thomas et Jean-Lucien Massot dans The Cage
- Chorégraphie de Jerome Robbins - en octobre 2011
(Photographie : Per Morten Abrahamsen)

J.-L. M. : Il y en a quelques uns, les uns après les autres, ils sont venus sculpter ma carrière à un moment précis et ont su me faire progresser et m'ouvrir d'autres horizons, de par leur gestuelle, musicalité, approche de la danse, leur sens du mouvement ou tout simplement par leur charisme. Dans un ordre aléatoire, Il y a eu bien sûr les Grands Ballets du répertoire, puis Balanchine, MacMillan, Robbins, Neumeier, Kylian bien entendu mais aussi Béjart, Jorma Elo, Cherkaoui, Zuska. Mais mon rôle préféré, celui qui m'a apporté le plus de satisfaction car, si complexe, si nuancé, des pas de deux de toute beauté sur des musiques à vous tirer les larmes des yeux, un rôle que je n'aurais pu concevoir de danser à l'âge de vingt-cinq ans, car il demande à un danseur d'être dans une parfaite maturité : Onegin de John Cranko, un véritable Chef d'Œuvre. "Quand je n'ai pas d’ honneur, il n'y a pas d’ honneur".

A. D. : Retour aux sources… Sur la scène du Palais Garnier, vous participerez à l’une de vos dernières tournées ; vous dansez pour une ultime saison avant une retraite de la scène… Quels sont vos projets ?

J.-L. M. : Bien entendu je vais profiter de cette saison, de chaque instant sur scène. De temps en temps des pointes de nostalgie refont surface et je regrette que ces moments aient été éphémères, alors je profite de la scène tant qu'il est encore temps.

A. D. : Envisagez-vous l’enseignement ?

J.-L. M. : Je l'espère, car je ne vais pas garder ce que j'ai appris pour moi tout seul, je ne suis pas un égoïste. Maintenant j'espère que l'on saura me faire confiance.

Répétition
Le Lac des Cygnes… Répétition en salle en août 2010
Jean-Lucien Massot, répétiteur, avec Hilary Guswiler et Gregory Dean,
- Chorégraphie de Peter Martins
(Photographie : David Amzallag)

J'ai eu l'occasion de donner des cours à la Compagnie, d'apprendre et faire répéter Le Lac des Cygnes de Peter Martins dans les rôles du prince et des cygnes, ici à Copenhague ainsi que d'apprendre le rôle de Lescault ( variations, pas de deux, pas de trois…) aux danseurs du Ballet National de Finlande. Jusqu'à présent je me suis régalé et les danseurs ainsi que les Directeurs ou Maîtres de ballet ont été contents de mon travail.

De même, je ne vais pas vous mentir en vous disant que j'aimerai être en charge d'une Compagnie car il y a trois ans, j'ai organisé un groupe de plusieurs danseurs de ballet, étoiles et solistes du Ballet Royal du Danemark, pour danser dans quatre festivals dans le sud de la France avec un programme mixte, classique et moderne. Le public et les critiques ont beaucoup apprécié. J'avais misé sur un programme mixte, chorégraphique et musical pour pouvoir cibler et regrouper un maximum de personnes. J'ai eu beaucoup de plaisir à mettre le programme en place, contacter les chorégraphes, les personnes s'occupant des droits (comme le Balanchine Trust à New-York), des costumes… et bien entendu à être dans le studio pour travailler avec ces danseurs. Beaucoup de travail et de stress, mais tellement passionnant et enrichissant. Donc l'offre est lancée et je suis ouvert à toutes les propositions.

A. D. : Danseriez-vous de nouveau parfois ?

J.-L. M. : Cela dépend, j'aimerais par exemple retravailler avec Sidi Larbi Cherkaoui, il faudrait déjà que je le recontacte pour voir ce qu'il en pense. Tout dépend de ce que l'on me proposera mais dans l'immédiat je ne me vois pas être le roi dans La Belle au Bois Dormant; par exemple. J’'ai un immense respect et beaucoup de considération pour ces danseurs mais je pense que je me ferais du mal en étant sur scène dans ces rôles. Mais j'ai appris qu'il ne faut jamais dire jamais.

A. D. : La chorégraphie peut-être ?

J.-L. M. : Pour l'instant je ne me suis jamais donné cette chance.

J'ai travaillé avec beaucoup de chorégraphes et appris énormément avec eux puis j'ai une certaine façon de bouger dans laquelle je me sens à l'aise, alors pourquoi pas ?

A. D. : Et d’autres intérêts pour rythmer vos jours en dehors de la danse ?

J.-L. M. : Bien entendu, j'aime énormément voyager ce qui me permet d'enrichir ma curiosité sur les cultures étrangères ou tout simplement de mon salon avec des documentaires ou Internet. J'aime beaucoup cuisiner. Je pensais même à un moment ouvrir des chambres d'hôtes dans le sud de la France, pour continuer à rencontrer des gens de différentes nationalités tout en leurs faisant découvrir ma Provence et ses saveurs culinaires. Le sud de la France m'a tellement manqué que je me languis d'y retourner mais malheureusement ma carrière est loin d'être finie, elle commence juste.

A. D. : Un dernier mot, Jean-Lucien : ne soyez pas modeste !

J.-L. M. : Je viens d'être fait Chevalier de l'Ordre du Dannebrog par Sa Majesté Margrethe II, Reine de Danemark, c'est l'équivalent en France de Chevalier de la Légion d'Honneur. C'est un immense honneur d'avoir reçu ce titre.

Félicitations donc à vous Jean-Lucien Massot !
Et un grand merci pour l’honneur fait à Corps et Graphies de votre enthousiasme.

Salut chaleureux aussi aux artistes de l’objectif qui ont permis d’illustrer cette Rencontre.

Aurélie Dauvin © Corps et Graphies

La présentation et le contenu de ce site sont protégés par les lois en vigueur sur la propriétæ intellectuelle. Toute exploitation, même partielle, sous quelque forme que ce soit (écrite, imprimée ou électronique), est rigoureusement interdite sans l'autorisation expresse préalable des auteurs. Tout contrevenant s'expose à des poursuites et aux sanctions applicables conformément à la loi FranÇaise rægissant les droits d'auteur et aux lois du Copyright International.

Retourner en haut de la page Page modifiée le 20/10/2013.